Le plan rénovation énergétique 2013

1 avril 2013

Le gouvernement a diffusé sa feuille de route fixant les grands axes de soutien au bâtiment et à la rénovation énergétique.

Hollande, constructionLa feuille de route présente trois grands axes : Lever les freins à l’aboutissement des projets, Relancer la construction des nouveaux projets, et Soutenir la rénovation énergétique. L’objectif est d’atteindre les 500.000 logements renouvelés par an d’ici 2017, pour atteindre l’objectif du Grenelle : une économie énergétique de 38% d’ici 2020.

Dans le cas particulier de la rénovation énergétique, les actions sont :

  • Première étape : Enclencher la décision.
    Mettre en place un guichet unique de conseils et d’informations aux propriétaires au niveau national, et créer un millier de poste de types « ambassadeurs » pour repérer et aller à la rencontre des ménages précaires pour leur faciliter l’accès aux aides et programmes auxquels ils ont droit.
  • Deuxième étape : Financer la rénovation.
    Optimiser les outils existants (Eco-PTZ), les crédits d’impôts et autres subventions, mettre en place un tiers financement public et créer des primes exceptionnelles en augmentant l’assiette des ménages cibles.
  • Troisième étape : Développer la filière.
    Poursuivre la formation et la qualification des artisans et les accompagner dans leur maîtrise des coûts.

Il est prévu que la plupart des actions soient lancées par des ordonnances. Pour le texte complet, avec les autres points, c’est ici.

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Eco-construction : détruire ou rénover ?

9 novembre 2012

Cette question prend de plus en plus d’importance avec les objectifs d’économies d’énergies dans le bâtiment.

L’éco-construction prend son envol. Les bâtiments doivent consommer de moins en moins, comme l’exige la nouvelle réglementation thermique, partiellement en place depuis octobre 2011, qui vise à faire du BBC une référence dans le domaine énergétique.

Toutefois, une question se pose sur de plus en plus de projets de construction. Quitte à rénover un bâtiment, ne vaut-il pas mieux choisir la solution radicale qui est de détruire complètement un ouvrage pour le reconstruire le plus parfaitement possible ?

Démolir ? Bien entendu, cette solution est justifiée d’un point de vue technique. Il est effectivement beaucoup plus facile de faire un bâtiment propre en traitant le sujet dès la phase de conception. Traiter les ponts thermiques, optimiser le positionnement des vitrages par rapport au soleil, faire appel à la géothermie… autant d’opération beaucoup plus simples à mettre en oeuvre sur un terrain vierge au départ.

Rénover ? A l’inverse toutefois, il est bien sûr évident qu’une opération de démolition préalable demande un budget bien plus conséquent, hors de portée d’un grand nombre de personne. De plus, un terme qui se développe de plus en plus dans le secteur est la prise en compte de l’énergie grise : on ne compte plus seulement les réductions de consommations futures, on prend aussi en compte l’énergie en amont, celle nécessaire à la création des matériaux de constructions, à leur transport, et aux travaux eux-mêmes. De ce point là, il est évident que démolir pour reconstruire ensuite est une très mauvaise opération.

Pour l’instant, la réglementation ne fixe pas d’objectifs trop contraignants pour la rénovation thermique, partant du fait que cela part d’abord du volontariat et pour ne pas décourager les investissement. Seul le neuf est donc sommé d’atteindre des objectifs assez strictes. Mais pour combien de temps encore ?

Cette question risque de réapparaître pour la prochaine réglementation thermique (RT2020 probablement), qui devra statuer sur les niveaux de consommation à atteindre, l’extension à la rénovation, la prise en compte de l’énergie grise, le choix du renouvelable, etc.


Le gouvernement présente son programme d’action pour l’efficacité énergétique

21 décembre 2011

Vingt-sept propositions. Voilà ce qu’il ressort des études présentées par la Ministre de l’écologie et du développement durable, Nathalie Kosciusko-Morizet.

L’efficacité énergétique est un des trois pillers du développement énergétique moderne, avec le développement des énergies alternatives et la réduction des gaz à effet de serre. L’objectif est de diminuer d’ici 2020 la consommation électrique du pays d’au moins 20%. Ces propositions portent sur 4 tableaux :

  • Améliorer la compétitivité des entreprises
  • Réduire les consommations des ménages
  • Renforcer le rôle des pouvoirs publics
  • S’appuyer sur les technologies numériques

Dans l’ensemble, les propositions portent essentiellement sur des mesures d’incitations et d’aides financières pour les entreprises et collectivités investissant dans l’efficacité énergétique, un accès facilité aux aides pour les travaux de rénovation chez les particuliers, et une amélioration des moyens de sensibilisation citoyens. L’aide sociale pour les plus précaires n’est pas oubliée, le rôle de l’ADEME est renforcé, et le niveau de formation des professionnels de l’énergie revu à la hausse.

Certains outils de législation devraient apparaître également, avec par exemple l’interdiction des éclairages d’enseignes entre 1h et 6h du matin (suivant l’activité économique) et l’interdiction de l’éclairage extérieur et intérieur des bâtiments du tertiaire non-occupés la nuit. Ces mesures à elles seule devrait permettre d’économiser 2,7 TWh d’énergie par an, soit la consommation d’électricité (hors-chauffage) d’un million de ménages.

Voir l’ensemble du communiqué.


Objectifs de la RT 2012

20 juillet 2010

La Réglementation Thermique 2012 promet une grande avancée dans le secteur du bâtiment.

La nouvelle réglementation RT 2012, sortie tout droit des cartons du Grenelle de l’Environnement, promet de grandes évolutions énergétiques dans le bâtiment. Et il en est temps : A lui tout seul, le bâtiment représente plus de 40% de la consommation d’énergie en France, représentant environ 2 tonnes de CO2 rejetées par habitant et par an. Par comparaison, c’est comme si chaque français avait fait 16 fois le trajet Paris-Marseille en voiture individuelle (rejet moyen d’une voiture en France : 160g/km).

La RT 2012 fixe notamment comme objectif une consommation maximum pour les nouveaux logements de 50 kWh/m²/an, la moyenne actuelle étant aux alentours de 260 kWh/m²/an ! Si on regarde la réglementation actuelle, il s’agit en fait de ne construire plus que des Bâtiments Basse Consommation (BBC). Et c’est tout à fait faisable, les méthodes sont nombreuses, connues et complémentaires :

  • Conception réfléchie dans la forme globale du bâtiment. (implantation et orientation).
  • Isolation performante du bâtiment (murs et vitrages), avec retour à l’isolation extérieure.
  • Ventilation améliorée, grâce notament à la VMC double flux.
  • Système de chauffage performant (Pompe à chaleur, chaudière bois, gaz à condensation).
  • Utilisation de matériaux renouvelables, de proximité.
  • Intégration des énergies renouvelables (le solaire thermique est devenu incontournable).

Bien entendu cela entraîne une augmentation du coût de construction, de l’ordre de 10 à 15%, mais à relativiser du fait de l’immense économie engendrée sur le long terme. La généralisation et la mise en place avancée de la RT2012 en 2011 aux bâtiments tertiaires et publics devraient aider à la baisse des prix.


Financer les travaux d’ isolation, le geste du gouvernement.

28 janvier 2010

Le ministère de l’ Ecologie propose un plan d’aide aux « mal-chauffés ».

Etat des faits : chaque année, 300.000 personnes en France sollicitent le fond de solidarité logement pour payer leurs factures d’énergie. Cela est essentiellement dû aux mauvaises conditions d’isolement des logement. Pour lutter contre cette perte d’argent de d’énergie, le gouvernement s’est décidé à proposer une autre solution : financer les travaux d’isolation.

L’Etat prévoit de débourser 1,25 millions d’euros pour la rénovation de 300.000 logements d’ici 2017. Financé à 500 millions d’euros issus du grand emprunt, le reste réparti entre l’ADEME et l’Agence Nationale d’Amélioration de l’Habitat (ANAH). Concretement, avec les aide de l’Etat, de l’ANAH, de l’ADEME, les crédits d’impôts et les différents prêts, les foyers auraient à payer 665€/mois pour 10.000€ de travaux. Mais l’économie énergétique réalisée pourrait pour un certain nombre leur être bénéfique dès la première année.

Et j’en profite pour rappeler une règle : les meilleurs systèmes de chauffage sont inutiles si c’est pour chauffer l’extérieur.