Ecotaxe, qu’est-ce que c’est ?

8 décembre 2013

L’écotaxe, comme la taxe carbone en son temps, fait l’objet d’une fronde très hostile.

Pourtant, cette taxe, sur les rails depuis 2009, faisait l’objet à l’époque consensus parmi les acteurs politiques et sociaux. A croire qu’à la première difficulté, c’est les mesures en faveur du développement durable qui trinquent. Mais au fait qu’est-ce vraiment ? Le point en plusieurs questions :

  • Qui est concerné ?
  • Combien cela va rapporter ?
  • Pourquoi la fronde ?
  • Est-ce une exception en Europe ?
  • Quels sont ses avantages principaux ?

Portail Ecotaxe

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Investissements d’avenir verts en 2013

13 juillet 2013

investissements d'avenir

Le gouvernement Ayrault a présenté un nouveau plan d’investissement, le développement durable n’est pas oublié.

Le nouveau plan d’investissements, de 12 milliards, qui s’ajoute au 35 milliards du Grand Emprunt lancé en 2010, se réparti comme suit :

  • 3,65 milliard pour la recherche et l’université
  • 2,3 milliard pour la transition énergétique (comprenant la rénovation thermique)
  • 1,7 milliard pour les projets industriels durables
  • 1,5 milliard pour les technologies industrielles de défense
  • 1,3 milliard pour l’aéronautique et l’espace
  • 0,6 milliard pour l’économie numérique
  • 0,55 milliard pour la jeunesse, la formation, et la modernisation de l’Etat
  • 0,4 milliard pour la santé

Cela fait donc au moins 4 milliard consacré d’assez près au développement durable, et un peu plus s’il y a une condition d’ « éco-conditionnalité » dans les autres financement, terme vague employé par le premier ministre dans son allocution.

Le gouvernement était attendu au tournant, surtout après le limogeage de la deuxième ministre de l’environnement et l’énergie, les déclarations sur le gaz de schiste d’Arnaud Montebourg, et d’une manière générale, l’intérêt limité du couple Hollande-Ayrault pour le sujet.

Le groupe EELV admet qu’il s’agit d’un signal positif, et rappelle que le prochain grand rendez-vous déterminant pour la crédibilité du gouvernement sur ce sujet, sera celui de la mise en place d’une fiscalité écologique, qui est programmé pour septembre.


Fracturation hydraulique : la géothermie n’est pas le gaz de schiste !

25 juin 2013

Les pro-gaz de schistes argumente que la géothermie utilise la méthode de fracturation et dénonce une hypocrisie générale. Mais l’argument ne tient pas.

Que ce soit en géothermie ou pour l’exploitation des gaz de schistes, le but est bien de fracturer la roche (soit pour en retirer du gaz, soit pour y faire passer un fluide caloporteur). L’argument a permis aux défenseurs de cette exploitation d’aller devant le Conseil d’Etat, jugeant d’une rupture d’égalité, puisque la méthode serait la même. Les anti-gaz de schistes s’appuie sur des études géologiques pour montrer que les méthodes diffèrent bien :

  1. Les roches ciblées ne sont pas les mêmes, du côté des hydrocarbures, il faut 500 à 800 bars de pression pour fracturer les roches sédimentaires contenant du méthane. Pour la géothermie, 100 à 300 bars suffisent à percer des roches magmatiques possédant déjà des traces de failles.
  2. Le nombre de puits nécessaire n’a pas de commune mesure. Une exploitation de gaz de schiste nécessite de refaire des puits tous les 2 kilomètres (à chaque fois qu’une réserve s’assèche). En géothermie, quelques puits séparés de quelques dizaines de mètres suffisent.
  3. Le liquide injecté n’a pas la même finalité. L’eau injectée pour les hydrocarbures, contenant divers produits toxiques, se perd régulièrement dans la roche. En géothermie, il s’agit d’une boucle souterraine fermée, et la fracturation initiale ne contient presque que de l’eau douce.
  4. Quand aux risques en sous-sol, la différence est palpable. Selon les études, le risque principal de l’exploitation d’hydrocarbures est la contamination des sols et des nappes phréatiques, la géothermie, plus profonde, entraîne en revanche des risque sismiques, négligeables dans le cas du gaz de schiste.

Fracturation hydraulique

Les deux méthodes n’ont pas les mêmes effets et impacts. Parmi le forcing actuel, notamment des industriels, pour exploiter les gaz de schistes en France, cette argument ne tient donc pas.

Articles de Juin 2011 :  Débat sur le gaz de schistes (partie 1 et partie 2)


Le plan rénovation énergétique 2013

1 avril 2013

Le gouvernement a diffusé sa feuille de route fixant les grands axes de soutien au bâtiment et à la rénovation énergétique.

Hollande, constructionLa feuille de route présente trois grands axes : Lever les freins à l’aboutissement des projets, Relancer la construction des nouveaux projets, et Soutenir la rénovation énergétique. L’objectif est d’atteindre les 500.000 logements renouvelés par an d’ici 2017, pour atteindre l’objectif du Grenelle : une économie énergétique de 38% d’ici 2020.

Dans le cas particulier de la rénovation énergétique, les actions sont :

  • Première étape : Enclencher la décision.
    Mettre en place un guichet unique de conseils et d’informations aux propriétaires au niveau national, et créer un millier de poste de types « ambassadeurs » pour repérer et aller à la rencontre des ménages précaires pour leur faciliter l’accès aux aides et programmes auxquels ils ont droit.
  • Deuxième étape : Financer la rénovation.
    Optimiser les outils existants (Eco-PTZ), les crédits d’impôts et autres subventions, mettre en place un tiers financement public et créer des primes exceptionnelles en augmentant l’assiette des ménages cibles.
  • Troisième étape : Développer la filière.
    Poursuivre la formation et la qualification des artisans et les accompagner dans leur maîtrise des coûts.

Il est prévu que la plupart des actions soient lancées par des ordonnances. Pour le texte complet, avec les autres points, c’est ici.


Les recherches françaises sur le gaz de schiste auront lieues… en Algérie.

6 janvier 2013

Un accord devrait voir le jour pour permettre aux scientifiques français de faire de la recherche sur l’exploitation du gaz de schiste en Algérie.

Parmi le conclusions du voyage en Algérie de François Hollande et de son impressionnant cortège, voici une information qui était passée discrètement avant les vacances de Noël. C’est Laurent Fabius qui avait dévoilé cette information.

Fabius_BouteflikaOn sait le sujet sensible en France, sujet qui est probablement la ligne rouge à ne pas franchir pour le maintien de l’entente EELV-PS. Alors, bien que François Hollande ait assuré qu’il n’y aurait pas d’exploitation sous son quinquennat, il avait laissé tout de même entendre que la recherche d’une autre méthode d’exploitation pouvait être soutenue, afin de pouvoir un jour contourner la fracturation hydraulique et ses conséquences environnementale désastreuses (voir ici et).

Le pouvoir politique algérien a visiblement beaucoup moins de soucis à tester des méthodes sur son sol, qui pourront lui être profitables sans gros investissement si les recherches aboutissent. Il va sans dire que la population y ignore probablement plus les conséquences faute d’un débat aussi médiatique que celui ayant eu lieu en France… pour le moment en tout cas.

Rappelons que plusieurs études soutienne que le gisement français en gaz de schiste est un des plus important d’Europe. Dans le même temps, un rapport de la Commission européenne évoque une empreinte écologique pour son exploitation bien plus importante que pour le gaz naturel

Pour ne pas bousculer l’opinion, faisons ça chez le voisin. Quand la recherche se donne un petit air colonialiste.


Potentiel européen sur les hydroliennes

1 novembre 2012

L’industrie hydrolienne se lance, la France vise la place de leader dans le secteur.

L’Etat l’a réaffirmé récemment, il soutiendra la filière afin que la France devienne une référence dans ce domaine. Les constructeurs, tels la DCNS et Alstom, les grands distributeurs, comme EDF ou GDF Suez, et d’autres acteurs plus locaux, telle la PME Sabella, se sont déjà lancés dans la course.

Mais la concurrence s’annonce rude. La Corée, l’Australie, le Canada, la Norvège sont sur les rails, mais c’est surtout le Royaume-Uni qui fait office du concurrent le plus sérieux. Il faut dire que le Royaume-Uni a déjà un certain retour sur expérience dans les énergies marines (voir article). De plus, en tant que grande île, son potentiel est le plus important d’Europe.

L’Europe dispose d’un potentiel de 15GW, capable donc de fournir de l’énergie à un pays comme la Suisse. La France possède 20% du potentiel européen, le Royaume-Uni a lui-seul capte 60% de ce potentiel.

(source)

Autant dire que les ambitions françaises se présentent comme un sacré défi, en particulier face à nos rivaux d’outre-Manche.


Qui a tué la voiture électrique ?

17 septembre 2012

Petit zoom sur un documentaire diffusé en 2006, très instructif sur le parcours chaotique de la voiture électrique.

Il y a 100 ans, les voitures électriques étaient plus nombreuses que les voitures à essence. La technologie a donc un fort passé, mais pourtant, les constructeurs font beaucoup de prototypes, mais ne les mettent presque jamais sur le marché. Pourquoi son développement est-il si limité ?

La EV1 de General Motors, un petit bijou grand public développée dans les années 90, à un prix raisonnable, a été arrêté au bout de quelques années alors que la demande existait belle et bien.

Ce documentaire, pro-électrique, montre surtout que le développement de l’électrique a été freiné non pas par la technique, mais par les gouvernements, par les entreprises pétrolières, et surtout par les constructeurs eux-mêmes. Le combat était inégal :

  • Pas de réel marketing autour de l’électrique par les constructeurs
  • Suppression des législations portant sur le rejet de CO2 et la recherche d’efficacité énergétique
  • Aides fiscales très importantes sur les hummers (plus de 20L/100km)
  • Importante baisse volontaire du prix du pétrole par les membres de l’OPEP
  • Etc.

Ce documentaire a beau être militant, on en ressort quand même avec une impression de gâchis et de dégoût devant les choix politiques et commerciaux.