Le Royaume-Uni à l’assaut des mers

5 novembre 2011

Le Royaume-Uni s’imposerait comme le leader dans les énergies en mers.

L’histoire l’a montré, l’Angleterre a toujours été un exemple dans la maîtrise des mers. Après le leadership dans la marine, l’heure est à présent aux nouvelles énergies de se montrer.

D’ors et déjà, le Royaume-Uni est leader dans l’éolien offshore. Alors que l’Allemagne lance son deuxième parc en mer, le Royaume-Uni possède déjà 1,3 GW en puissance installée en 2010 (40% de la puissance mondiale) et devrait atteindre sans grandes difficultés les 4 GW de puissance installée d’ici deux ans, bien avant que la France en ait fini avec sa première tranche de 3 GW.

De plus, le soutien du pays aux énergies marines ne faiblit pas : de très nombreux prototypes sont depuis un moment en cours de tests, et des parcs marins devraient fleurir prochainement (une douzaine de projets ayant été validés rien qu’à l’été dernier). Une étude récente de l’organisation Carbon Trust conclut même qu’à ce rythme le Royaume-Uni pourrait concentrer le quart du marché d’ici 2050 dans les énergies marines. Trop optimiste ? En tout cas, pour le moment, 35 des 120 entreprises mondiales du secteur sont bien britanniques.

Le littoral ouest/nord-ouest de l’Europe est l’une des zones les plus avantagées au monde par son potentiel marémoteur. Le Royaume-Uni en a compris les avantages très tôt.


Belles les éoliennes, débat au Mont Saint-Michel

23 avril 2011

Le débat de l’éolien est monopolisé entre les pros et les antis. Quand les uns donnent une argumentation technique, les suivants presque immédiatement la réfute. Les argumentaires des deux camps étant toujours orientés, et plus ou moins justifiés suivant les cas. Leur intermittence (avec l’impact sur le réseau que cela implique) et l’incompatibilité avec les périodes de grands froids sont souvent mis en avant.

Toutefois, il ne faut pas se leurrer, le débat de fond est en fait porté sur l’aspect esthétique des éoliennes. C’est sur ce sujet, subjectif, que les anti recrutent le plus de sympathisants, et entre autre pour éviter ces problèmes de voisinages que l’éolien aimerait s’exporter en mer.

Mais là encore, il y a toujours de la contestation : il y a quelques temps c’était sur l’installation d’éoliennes offshore au large du Mont Saint-Michel. Que la population locale se pose des questions de l’impact sur l’économie touristique du site est légitime, mais enfin : le parc prévu serait à… 19 km des côtes ! Je ne crois pas à un quelconque déclassement de l’UNESCO pour quelques centimètres d’éoliennes apparaissant au large.

Les débats sur l’éolien, c’est finalement toujours le même. Beau ou pas ? Et bien moi personnellement, quelques éoliennes, je trouve ça beau. Qui n’a pas son attention captée par une éolienne quand il passe devant ? Quand je vois une éolienne offshore, je ne pense pas « Mais que fait ce gros morceau d’acier au milieu du paysage aquatique côtier« , elle est plutôt un symbole d’exploitation propre, symbole de sérénité. C’est une vision du progrès dans sa partie noble : beau et respectueux.

En y repensant, je suis sûr que la population en 709 a du être tout aussi partagé lorsque le Mont Saint-Michel a été construit, polluant le paysage naturel. Tout comme devait l’être les parisiens pour conserver ou non la Tour Eiffel après l’exposition universelle de 1889.


Wh ou W, l’éolien joue avec ses unités

10 mars 2011

L’ambiguïté entre les Watts (puissance) et les Watt-heure (Energie) est largement utilisé dans l’éolien.

Les éoliennes sont estimées en puissance (en watt W). Or, du fait des conditions météorologiques changeantes, ce chiffre ne donne pas d’indication clair sur l’énergie générée (en wattheure Wh), ni sur le temps de production des éoliennes. Lorsque l’on fait un bilan d’énergie à grande échelle, nous utilisons souvent les TWh (équivalent à 3.600.000.000.000.000 J).

En jouant ainsi sur les unités on observe des contrastes étonnants. L’Allemagne, leader européen en matière de puissance installée (27214 MW) a été en 2010 moins producteur d’énergie éolienne que l’Espagne avec ses 20676 MW. L’Espagne a ainsi produit, en 2010, 42976 GWh contre 36500 GWh pour l’Allemagne.

Les taux de charges, pour savoir combien de temps les éoliennes fonctionnent à plein régime, en Europe sont aussi très variables (de 29% à 15%). Le leader est l‘Irlande, alors que cette fois, l’Allemagne est … bonne dernière. L’Espagne est à 24%, et les 21% français correspondent à la moyenne européenne.

Bien entendu cela peut s’expliquer par le fait que les meilleurs sites ont tous été utilisés depuis longtemps vu la couverture territoriale. Tous ? Non. L’offshore, avec ces 40% possible en Mer du Nord, attend son développement industriel en Allemagne.


Projets énergétiques aux Maghreb

23 février 2011

Les pays du Maghreb ont plusieurs projets de centrales énergétiques renouvelables. Voici quelques exemples :

Algérie. On y attend une soixantaine de projets pour atteindre 3.000 MW d’électricité renouvelable d’ici 2020. Elle a notamment developpé des partenariats avec les Emirats arabes unis prêt à investir dans divers projets.

Maroc. En vue, une nouvelle centrale solaire, à Ouarzazate, pour produire près de 500 MW de 2012 à 2015. Cela ferait parti d’un immense chantier de 5 centrales pour un total de 2.000 MW.

Tunisie. L’AIE (Agence Internationale de l’énergie) étudie la possibilité d’installer un parc éolien de 60 à 120 MW. Les relations avec l’Allemagne, piller du renouvelable, se sont beaucoup développées ces derniers temps.

Energie solaire et énergie éolienne ont leur place dans les pays du Maghreb. De beaux efforts, à condition toutefois que les évènements politiques actuels n’impactent pas ces initiatives…


L’Energie électrique française en perte de vitesse

6 octobre 2010

Le solde des échanges d’électricité diminue de plus en plus pour la France.

Le solde d’énergie électrique correspond à la différence entre ce qu’un pays vend en électricité et ce qu’il en paye. Cela vient du fait que l’électricité est difficile à canaliser et donc en constante circulation suivant la demande. Historiquement, la France a toujours revendu plus d’électricité à l’étranger (Allemagne et Espagne en tête) qu’elle n’en rachetait. Or, depuis, ce solde ne cesse de diminuer. De 2,8 milliards d’euros en 2008, il est tombé à 0,4 milliard d’euros fin juin 2010.

Cette perte financière est d’autant plus dommage qu’elle est incompréhensible. Avec sa position centrale en Europe, sa science historique du nucléaire et son grand parc d’énergie hydroélectrique, la France peut encore compter sur de larges zones venteuses, un bon tiers du pays largement ensoleillé, et un potentiel d’énergie disponible sur la façade atlantique immense et quasiment inexploité. Sauf que voilà, notre nucléaire vieillit mal (la délaissement de la France pour l’étranger de la part d’EDF y a beaucoup joué), le photovoltaïque et les centrales au gaz souffrent de lourdeurs administratives (et technique), et aucun acteur éolien majeur n’existe actuellement en France.

La France parle beaucoup, mais le fait est qu’elle a pris beaucoup de retard. Où est l’accélérateur ?


Contraintes sur l’éolien

24 septembre 2010

Le Grenelle II inquiète les professionnels de l’éolien.

En plus de différentes contraintes administratives et financières, deux points particuliers risquent d’entraîner un frein brutal à l’éolien.

Premièrement : l’interdiction d’exploitation de l’éolien à moins de 500m d’une zone destinées à l’habitation. Il est très surprenant qu’il n’ait pas été laissé plus de flexibilité aux communautés pour définir elles-mêmes leurs limites. D’autant que l’appelation « destiné à l’habitation » est un terme très vague. Cela va éliminer un grand nombre de sites possibles, notamment dans les secteurs à habitats dispersés.

Deuxièmement, un parc éolien ne pourrait pas être installé s’il comprend moins de 5 éoliennes. Là encore, l’inflexibilité de cette mesure est incompréhensible. On interdit un type d’installation qui pourrait amplement suffire à certaines collectivités, notamment les plus petites ou celles à faibles finances. Cette mesure défendue corps et âme par les anti-éoliens a clairement pour but de limiter la propagation des éoliennes en France, en la limitant à certains grands parcs dédiés, souvent générateur de conflits qui plus est. Or nombre d’associations reconnues (France Nature Environnement, Les Verts…) militent pour une complémentarité de toutes les énergies, en défendant notamment les petits projets contre une centralisation dans d’immenses parcs sans vie.

Pour nombre de professionnels et associations, l’avis est unanime : « Une règlementation doit exister, mais dans un cadre cohérent et adapté. ce n’est pas le cas ici. »


La première éolienne flottante

22 juin 2009

Pour implanter des éoliennes au dessus de grands fonds océaniques : l’éolienne flottante.

éolienne flottanteLe 10 juin 2009, au large des côtes de la Norvège, s’est déroulé quelque chose d’inédit dans le domaine de l’éolien. Siemens, appuyé par StatoilHydro, et fort de sa position de leader incontesté de l’éolien, a installé une éolienne en pleine mer, arrimée au sol à l’aide de trois ancres sous 220 mètres d’eau. L’éolienne a une puissance de 2.3 MW et possède un rotor de 82 m de diamètre. Elle devrait être reliée au réseau électrique norvègien, à 12km, d’ici mi-Juillet.

Donc : arrimer une éolienne au fond marin grâce à des ancres. Idée tout-à-fait interessante. En effet jusque là il fallait élever de gros supports depuis les fonds marins pour installer une éolienne en pleine mer, autant dire que plus l’endroit est profond, plus l’opération est compliquée. Ancrer l’éolienne permettrait de repousser encore plus loin la limite de profondeur, et donc de multiplier le nombre de sites potentiellement interessant pour l’installation d’éolienne offshore. A condition que ce prototype fasse ses preuves.