Qui a tué la voiture électrique ?

17 septembre 2012

Petit zoom sur un documentaire diffusé en 2006, très instructif sur le parcours chaotique de la voiture électrique.

Il y a 100 ans, les voitures électriques étaient plus nombreuses que les voitures à essence. La technologie a donc un fort passé, mais pourtant, les constructeurs font beaucoup de prototypes, mais ne les mettent presque jamais sur le marché. Pourquoi son développement est-il si limité ?

La EV1 de General Motors, un petit bijou grand public développée dans les années 90, à un prix raisonnable, a été arrêté au bout de quelques années alors que la demande existait belle et bien.

Ce documentaire, pro-électrique, montre surtout que le développement de l’électrique a été freiné non pas par la technique, mais par les gouvernements, par les entreprises pétrolières, et surtout par les constructeurs eux-mêmes. Le combat était inégal :

  • Pas de réel marketing autour de l’électrique par les constructeurs
  • Suppression des législations portant sur le rejet de CO2 et la recherche d’efficacité énergétique
  • Aides fiscales très importantes sur les hummers (plus de 20L/100km)
  • Importante baisse volontaire du prix du pétrole par les membres de l’OPEP
  • Etc.

Ce documentaire a beau être militant, on en ressort quand même avec une impression de gâchis et de dégoût devant les choix politiques et commerciaux.


Peut-on sauver le secteur automobile européen ?

7 août 2012

Le plan social de PSA a violemment rappelé à tous que la filière automobile, n’est plus dans son âge d’or. La prime à la casse et la mise en place du bonus-malus en 2007 avait permis d’atténuer cette réalité, mais n’a pas pu l’empêcher totalement. Les aides d’Etat se succèdent pour donner du souffle à la filière : Le secteur ne semble donc plus capable survivre de lui-même (voir les plans d’aides des dix dernières années).

Cela ne se cantonne toutefois pas à la France. Hormis les hautes-gammes allemandes, l’ensemble de l’Europe est aujourd’hui en surcapacité de production : Sergo Marchionne (l’administrateur de Fiat et président des associations de constructeurs européens) a ainsi appelé à diminuer la production européenne de 10% à 20% pour équilibrer les comptes de la filière, et donc à procéder à des fermetures d’usine et plans de licenciement.

Il plaide pour un plan global européen pour répartir les restructurations équitablement en Europe, car selon lui « les pays n’oseront rien faire individuellement ». On les comprend étant donné les conséquences sociales qui en découleraient.

Cette solution drastique n’est pas une nouveauté. C’est cette stratégie qui a permis à l’automobile américaine, dont General Motors fait parti, d’assainir ses finances et de se relancer, au prix malheureusement d’une crise sociale immense.

Le marché européen stagne et ralentit, le carburant est voué à se raréfier. L’ouverture des marchés asiatiques est bien entendu une aubaine pour les constructeurs, mais il est probable que la stratégie serait plutôt à l’ouverture d’usine sur places, pour des raisons évidentes de coûts de main-d’œuvre et de transport, ce qui ne redonnerait donc que peu de souffle aux usines européennes.

Alors, peut-on sauver l’industrie automobile ? La question se pose, d’autant que l’économie mondiale tourne autour de cette industrie. Pour information, en 2007, l’automobile employait 8,4 millions de personnes à travers le monde, et générait 2.000 milliards d’euros de CA, soit à peu près le PIB du Royaume-Uni.


La Volt de GM prend des congés

19 mars 2012

General Motors a décidé de suspendre la production de sa vitrine technologique, la Volt.

Lancée en 2010, la Volt est une voiture électrique équipé d’une petit moteur thermique pour recharger sa batterie en cas de besoin. Ce type de véhicule est appelé hybride Plug-in. Avec cette caractéristique, elle affiche une consommation en cycle mixte de 1,2 L/100km. Sachant que la batterie seule tient le coup jusqu’à 60/70 kilomètres.

Or, General Motors a surestimé sa capacité de vente. Près de 6500 véhicules attendraient toujours preneurs dans les différents concessionnaires américains. Du coup, GM annonce un fermeture temporaire de son usine de production basé près de Détroit, le 19 mars prochain, le temps d’écouler les stocks. Le coût de la voiture (annoncée prochainement en Europe à 43.000€) et la concurrence a dû jouer.

Petit comble, la voiture a reçu en 2011 le titre d’ « automobile de l’année« . Comme quoi les récompenses ne font pas tout.


General Motors dépose le bilan

2 juin 2009

General Motors, qui n’a su s’adapter à la nouvelle donne énergétique, s’est officiellement déclaré en faillite le lundi 1er mai.

GM logoCette fois, c’est fini. GM n’a pas pu se sortir de ces 82 milliards de dollards de dettes. C’est pourquoi l’entreprise s’est placée sous la protection de la loi américaine, et sera détenue à 60 % par le gouvernement fédéral.

C’était la chute annoncée d’un géant. Un géant de l’automobile qui n’a pas été en mesure de se renouveller pour affronter la fin du pétrole bon marché. Il y a à peine plus d’un an, GM était toujours le n°1 mondial de l’automobile (après 77 années à cette place), avant de céder sa couronne à Toyota, nouveau fleuron de l’automobile avec ses petites voitures, bien plus économes en énergie et en argent. Après 86 années en indice phare du Dow Jones (le plus vieil indice de la bourse de New-York), c’est une grande page de l’industrie fleurissante des Etats-Unis qui se tourne.

La restructuration à venir s’annonce draconienne. Onze sites à fermer, trois en chômage technique, suppression de 40% des points de vente, 24000 suppressions de poste. Un moindre mal pour éviter une hécatombe de l’économie nationale, mais toutefois le début de l’inconnu pour les salariés; des ouvriers bien portant, payés bien au-dessus de la moyenne, avec des avantages pour les familles, jusqu’à une assurance maladie prise en charge par le constructeur américain. Un symbole au pays de l’oncle Sam…