Les énergies renouvelables dépasseraient le gaz pour la fourniture d’électricité d’ici 2016

9 septembre 2013

L’AIE (Agence Internationale de l’Energie) a fait une conférence à New York en juin 2013 concernant les énergies renouvelables. Une information a fait l’effet d’une bombe : En 2018, les énergies renouvelables devraient fournir 25% de l’électricité mondiale. Inattendue d’autant que l’AIE, depuis 5 ans, annonce un âge d’or du gaz.

Aujourd’hui, elle prévoit que les renouvelables supplanteront le gaz dans le bouquet électrique dès 2016.

Notons que les énergies renouvelables sont portées à l’échelle mondiale par l’hydraulique et l’éolien, et particulièrement par la Chine (voir graphiques).

Projection énergies renouvelables dans le monde AIE 2013

L’AIE en a profité pour annoncer que le développement des énergies renouvelables à travers le monde est en phase avec celui prévu dans le scénario « moins de 2°C » concernant le réchauffement climatique. A priori, une bonne nouvelle donc.

Projection énergies renouvelables AIE 2013

L’AIE trouve que certains signes sont particulièrement encourageants :

  • l’accélération de la croissance dans le monde,
  • la parité réseau sur certaines énergies dans différents endroits,
  • les débuts prometteurs des énergies marines.

Mais elle souligne aussi quelques difficultés :

  • le ralentissement des volontés politiques européennes,
  • les lourdeurs administratives,
  • la concurrence rude du charbon et du gaz de schiste américain,
  • et enfin le soutien aux énergies fossiles (aides 6 fois plus importantes que pour l’ensemble des énergies renouvelables).

Rapport de projection des énergies renouvelables pour 2018 – AIE.

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Fracturation hydraulique : la géothermie n’est pas le gaz de schiste !

25 juin 2013

Les pro-gaz de schistes argumente que la géothermie utilise la méthode de fracturation et dénonce une hypocrisie générale. Mais l’argument ne tient pas.

Que ce soit en géothermie ou pour l’exploitation des gaz de schistes, le but est bien de fracturer la roche (soit pour en retirer du gaz, soit pour y faire passer un fluide caloporteur). L’argument a permis aux défenseurs de cette exploitation d’aller devant le Conseil d’Etat, jugeant d’une rupture d’égalité, puisque la méthode serait la même. Les anti-gaz de schistes s’appuie sur des études géologiques pour montrer que les méthodes diffèrent bien :

  1. Les roches ciblées ne sont pas les mêmes, du côté des hydrocarbures, il faut 500 à 800 bars de pression pour fracturer les roches sédimentaires contenant du méthane. Pour la géothermie, 100 à 300 bars suffisent à percer des roches magmatiques possédant déjà des traces de failles.
  2. Le nombre de puits nécessaire n’a pas de commune mesure. Une exploitation de gaz de schiste nécessite de refaire des puits tous les 2 kilomètres (à chaque fois qu’une réserve s’assèche). En géothermie, quelques puits séparés de quelques dizaines de mètres suffisent.
  3. Le liquide injecté n’a pas la même finalité. L’eau injectée pour les hydrocarbures, contenant divers produits toxiques, se perd régulièrement dans la roche. En géothermie, il s’agit d’une boucle souterraine fermée, et la fracturation initiale ne contient presque que de l’eau douce.
  4. Quand aux risques en sous-sol, la différence est palpable. Selon les études, le risque principal de l’exploitation d’hydrocarbures est la contamination des sols et des nappes phréatiques, la géothermie, plus profonde, entraîne en revanche des risque sismiques, négligeables dans le cas du gaz de schiste.

Fracturation hydraulique

Les deux méthodes n’ont pas les mêmes effets et impacts. Parmi le forcing actuel, notamment des industriels, pour exploiter les gaz de schistes en France, cette argument ne tient donc pas.

Articles de Juin 2011 :  Débat sur le gaz de schistes (partie 1 et partie 2)


Les recherches françaises sur le gaz de schiste auront lieues… en Algérie.

6 janvier 2013

Un accord devrait voir le jour pour permettre aux scientifiques français de faire de la recherche sur l’exploitation du gaz de schiste en Algérie.

Parmi le conclusions du voyage en Algérie de François Hollande et de son impressionnant cortège, voici une information qui était passée discrètement avant les vacances de Noël. C’est Laurent Fabius qui avait dévoilé cette information.

Fabius_BouteflikaOn sait le sujet sensible en France, sujet qui est probablement la ligne rouge à ne pas franchir pour le maintien de l’entente EELV-PS. Alors, bien que François Hollande ait assuré qu’il n’y aurait pas d’exploitation sous son quinquennat, il avait laissé tout de même entendre que la recherche d’une autre méthode d’exploitation pouvait être soutenue, afin de pouvoir un jour contourner la fracturation hydraulique et ses conséquences environnementale désastreuses (voir ici et).

Le pouvoir politique algérien a visiblement beaucoup moins de soucis à tester des méthodes sur son sol, qui pourront lui être profitables sans gros investissement si les recherches aboutissent. Il va sans dire que la population y ignore probablement plus les conséquences faute d’un débat aussi médiatique que celui ayant eu lieu en France… pour le moment en tout cas.

Rappelons que plusieurs études soutienne que le gisement français en gaz de schiste est un des plus important d’Europe. Dans le même temps, un rapport de la Commission européenne évoque une empreinte écologique pour son exploitation bien plus importante que pour le gaz naturel

Pour ne pas bousculer l’opinion, faisons ça chez le voisin. Quand la recherche se donne un petit air colonialiste.


Les émissions de CO2 d’ EDF diminuent

22 mai 2012

Dans un communiqué du 15 mai 2012, EDF annonce que son émission de CO2 a diminué de 11% sur l’année 2011.

Et d’environ -25% en France ! Ce qui place le rejet de CO2 d’EDF à 99,6 gCO2/kWh.

En passant sous la barre symbolique de 100 gCO2/kWh, EDF devient le premier des gros énergéticiens européens les moins émetteurs. Bien sûr, la principale explication tient à l’importance du parc nucléaire détenu par EDF.

Toutefois, la baisse est bien réelle, grâce à trois points :

  1. Une meilleure gestion des productions hydro-électriques.
  2. Le remplacement des centrales charbon par des centrales gaz.
  3. Le développement des énergies renouvelables.

EDF vise de diminuer ses émissions de CO2 de 30% d’ici 2020, sur toute son activité.


Espace Eco-citoyens

17 septembre 2011

L’ADEME a mis en place un site d’information et de conseils pour agir de manière plus écologique dans son quotidien. Economies d’énergie et donc financières garanties.

A découvrir ici.


Débats sur le gaz de schiste (2/2)

20 juin 2011

[…] Parce que tout ça semblait trop beau, ce type d’extraction souffrent de très nombreux défauts, avec des conséquences très néfastes :

Inconvénients

  • Du fait des nombreux forages nécessaires, c’est de destruction du paysage que l’on parle ici.
  • Le début de la fracturation nécessite une explosion, ajouté à un passage forcé de l’eau, c’est tout une zone souterraine de fragilisée. On impute d’ailleurs à ces forages des séismes ayant eu lieu au Etats-Unis, dans des zones plutôt calmes habituellement.
  • Le liquide de fracturation n’est pas de l’eau pure. Des parlementaires américains ont dévoilé une liste de 29 produits toxiques dans ces liquides. Une bonne partie reste d’ailleurs dans le puits.
  • L’acheminement se fait à l’heure actuelle par camions, à cause du changement d’emplacement régulier. Autant dire une pollution supplémentaire, localement.
Enfin, pour terminer, c’est le caractère propre même du gaz de schiste qui est remis en cause. Une étude récente tendrait à prouver que ce gaz est finalement plus polluant que le charbon. En effet, même si la combustion du charbon rejette bien plus de CO2, le gaz est de base composé de méthane (CH4) qui impacte 20 fois plus l’effet de serre que le CO2 sur un siècle. Or, avec ce type d’exploitation, on estime que 3% du gaz est perdu dans la nature. C’est peu, mais assez pour annuler la caractère bénéfique du gaz sur le charbon.
Voir les problèmes dus à l’extraction des gaz de schistes.
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Conclusion
Il n’est plus question de parler du caractère écologique de l’extraction de gaz de schistes par fracturation hydraulique. A la vue des soucis qu’ont les américains avec cette méthode (de l’eau de robinet, polluée, est, en certains endroits devenue inflammable !), heureusement que la classe politique s’est réveillée assez rapidement. Seul un soucis d’indépendance énergétique pourrait justifier l’utilisation de cette technique d’extraction. Mais le prix à payer est inacceptable.

Débats sur le gaz de schiste (1/2)

10 juin 2011

L’exploitation des gisements de gaz de schiste est soumis à de forts débats en France. Au mois de mai, les députés ont voté l’interdiction de la fracturation hydraulique. Explications.

Le Gaz de Schiste
A l’inverse du gaz naturel conventionnel, où l’on a juste à forer le sol pour que le gaz remonte, le gaz de schiste est enfermé et disséminé dans des roches profondes (les schistes). Avec l’augmentation du prix de l’énergie, les tensions ponctuelles avec la Russie (gros fournisseur de gaz en Europe), les gaz de schistes avait besoin d’un méthode d’extraction efficace et rentable. C’est aujourd’hui le cas.

D’autant que le potentiel français est estimé à une centaine d’années de consommation nationale. D’un point de vue indépendance énergétique, c’est donc une option intéressante, et quatre permis d’exploitation ont été délivrée dans le sud du bassin parisien. Et à priori d’un point de vue écologique, le gaz est préférable au pétrole ou au charbon.

Fracturation hydraulique
La méthode a été développée au Etats-Unis depuis quelques années. Elle consiste à forer jusqu’aux couches de schistes, et de forcer des fractures dans la roche avec de l’eau. Cette fracturation libère le gaz, qui remonte en suivant le jet d’eau.

Au regard des petites quantités prélevées, ce procédé est tout de même assez long et nécessite de nombreux forages.

[…]