Lien entre l’énergie et le niveau de vie

12 mai 2013

Doit-on consommer toujours plus d’énergie pour mieux vivre ? Difficile de répondre à cette question. De plus, autant avoir une idée de la consommation d’énergie dans un pays n’est pas bien difficile (grâce au travail de l’AIE : Agence Internationale de l’Energie) autant juger de la qualité de vie est assez compliqué.

Le critère le plus communément admis pour comparer les pays selon leur niveau de vie est l’ IDH (Indice de Développement Humain), qui tient compte de trois paramètres :

  1. Indice d’instruction : Le taux d’alphabétisation et la durée de scolarisation.
  2. Indice sanitaire : L’espérance de vie à la naissance.
  3. Indice économique : Le PIB réel par habitant et à parité de pouvoir d’achat.

Bien que critiqué (cet indice ne tient pas compte du ressenti de bien-être de la population, ou de la répartition des richesses par exemple), nous utiliserons cet indice pour cet article (données 2011 calculées par le Programme des Nations Unis du développement).

En représentant, l’IDH en fonction de la consommation d’énergie par habitant (en tonnes équivalent pétrole), nous obtenons :

Niveau de vie et Energie

D’un point de vue globale, tout d’abord, on voit que la courbe a une tendance logarithmique : L’IDH monte rapidement avec les premières consommations d’énergie, et fini par atteindre un plafond. Théoriquement donc, on peut tout à fait atteindre un bon niveau de vie sans avoir besoin d’augmenter encore et encore la consommation d’énergie par habitant. La zone la plus efficace est la zone en haut à gauche, avec un bon IDH pour une consommation d’énergie raisonnée.

Si on doit faire une comparaison par continent, on s’aperçoit que :

  • Les pays européens sont globalement les plus efficaces.
  • Les pays asiatiques ont des situations très variées.
  • L’Amérique du Nord est très consommatrice avec un bon niveau de vie.
  • L’Amérique du Sud a une consommation d’énergie limitée pour des IDH très variable.
  • L’Afrique aurait bien besoin d »un peu d’énergie supplémentaire.

Dans le détail, on note certain points singulier : Certains pays comme l’Islande et le Qatar ont une consommation d’énergie particulièrement forte, étant donné les ressources naturelles dont ils disposent. Hong-Kong est le pays le plus efficace, le pays étant riche et particulièrement dense en population. L’Afrique du Sud, malgré que ce soit un des pays africain le plus consommateur en énergie, ne parvient pas à atteindre un bon niveau d’IDH.

Intéressant non ?


Eco-construction : détruire ou rénover ?

9 novembre 2012

Cette question prend de plus en plus d’importance avec les objectifs d’économies d’énergies dans le bâtiment.

L’éco-construction prend son envol. Les bâtiments doivent consommer de moins en moins, comme l’exige la nouvelle réglementation thermique, partiellement en place depuis octobre 2011, qui vise à faire du BBC une référence dans le domaine énergétique.

Toutefois, une question se pose sur de plus en plus de projets de construction. Quitte à rénover un bâtiment, ne vaut-il pas mieux choisir la solution radicale qui est de détruire complètement un ouvrage pour le reconstruire le plus parfaitement possible ?

Démolir ? Bien entendu, cette solution est justifiée d’un point de vue technique. Il est effectivement beaucoup plus facile de faire un bâtiment propre en traitant le sujet dès la phase de conception. Traiter les ponts thermiques, optimiser le positionnement des vitrages par rapport au soleil, faire appel à la géothermie… autant d’opération beaucoup plus simples à mettre en oeuvre sur un terrain vierge au départ.

Rénover ? A l’inverse toutefois, il est bien sûr évident qu’une opération de démolition préalable demande un budget bien plus conséquent, hors de portée d’un grand nombre de personne. De plus, un terme qui se développe de plus en plus dans le secteur est la prise en compte de l’énergie grise : on ne compte plus seulement les réductions de consommations futures, on prend aussi en compte l’énergie en amont, celle nécessaire à la création des matériaux de constructions, à leur transport, et aux travaux eux-mêmes. De ce point là, il est évident que démolir pour reconstruire ensuite est une très mauvaise opération.

Pour l’instant, la réglementation ne fixe pas d’objectifs trop contraignants pour la rénovation thermique, partant du fait que cela part d’abord du volontariat et pour ne pas décourager les investissement. Seul le neuf est donc sommé d’atteindre des objectifs assez strictes. Mais pour combien de temps encore ?

Cette question risque de réapparaître pour la prochaine réglementation thermique (RT2020 probablement), qui devra statuer sur les niveaux de consommation à atteindre, l’extension à la rénovation, la prise en compte de l’énergie grise, le choix du renouvelable, etc.


Apple s’engage dans l’énergie verte

3 juin 2012

Après avoir été pointé du doigt par Greenpeace pour la pollution due à ses activités, Apple réagit.

En avril dernier, Greenpeace avait fait un comparatif de 14 géants de l’informatique et de l’internet. Manque de transparence, origine des consommations d’énergie et investissement dans les énergies renouvelables étaient passés au crible dans cette étude (voir le communiqué).

Apple, Microsoft et Amazon avaient été particulièrement égratignés par ce rapport. En réaction, Apple vient d’annoncer que son  datacenter de Maiden (Caroline du nord), dédié à l’hébergement de l’ iCloud sera alimenté à 100% par des énergies renouvelables. Apple annonce que d’ici la fin de l’année, son site produira 60% d’énergie renouvelable et achètera les 40% restants à d’autres producteurs écologiques locaux.

Il faut savoir que les services informatiques représenteraient à présent 2% des rejets de CO2 mondiaux (loin de l’industrie et du transport bien entendu), mais ce chiffre évolue très rapidement.

Notons que le rapport a souligné les efforts de Google, de Facebook et de Yahoo dans le développement des énergies renouvelables et de leurs travaux sur l’efficacité énergétiques.


Bilan électrique 2011 en France

5 février 2012

RTE a publié le 19 janvier dernier son bilan de l’électricité en France, qui montre de fortes économies en 2011, et une augmentation de l’exportation.

Le chiffre : -6,8% ! C’est l’économie de consommations des français en 2011 par rapport à 2010, soit 478,2 TWh. Cette diminution s’explique surtout par des conditions climatiques clémentes en 2011, une des années les plus chaudes depuis un siècle selon MétéoFrance. L’hiver étant très doux, les français ont peu consommé en chauffage électrique, et l’été ayant été assez mauvais, les climatisations ont aussi peu tiré sur les lignes.

Les énergies renouvelables (hors hydraulique) ont produit 25,6% de plus que l’année dernière. Ainsi l’éolien a produit 2,5% de l’énergie sur l’année (contre 1,9% en 2010) et la production photovoltaïque a triplée. Notons toutefois que le secteur du photovoltaïque aurait perdu 7000 emplois en 2011, suite essentiellement au moratoire de 2010 et au nouveau cadre de rachat.

Enfin, la France a retrouvé son statut d’exportateur d’électricité majeur en Europe. Ses exportations ont explosés de +89% par rapport à 2010 (55,7 TWh exporté). Bien sûr il y a la baisse de la consommation à l’intérieur et la grande disponibilité du parc électrique, mais c’est surtout l’arrêt soudain de 7 centrales nucléaires en Allemagne qui a gonflé nos exportations vers ce pays.


Le gouvernement présente son programme d’action pour l’efficacité énergétique

21 décembre 2011

Vingt-sept propositions. Voilà ce qu’il ressort des études présentées par la Ministre de l’écologie et du développement durable, Nathalie Kosciusko-Morizet.

L’efficacité énergétique est un des trois pillers du développement énergétique moderne, avec le développement des énergies alternatives et la réduction des gaz à effet de serre. L’objectif est de diminuer d’ici 2020 la consommation électrique du pays d’au moins 20%. Ces propositions portent sur 4 tableaux :

  • Améliorer la compétitivité des entreprises
  • Réduire les consommations des ménages
  • Renforcer le rôle des pouvoirs publics
  • S’appuyer sur les technologies numériques

Dans l’ensemble, les propositions portent essentiellement sur des mesures d’incitations et d’aides financières pour les entreprises et collectivités investissant dans l’efficacité énergétique, un accès facilité aux aides pour les travaux de rénovation chez les particuliers, et une amélioration des moyens de sensibilisation citoyens. L’aide sociale pour les plus précaires n’est pas oubliée, le rôle de l’ADEME est renforcé, et le niveau de formation des professionnels de l’énergie revu à la hausse.

Certains outils de législation devraient apparaître également, avec par exemple l’interdiction des éclairages d’enseignes entre 1h et 6h du matin (suivant l’activité économique) et l’interdiction de l’éclairage extérieur et intérieur des bâtiments du tertiaire non-occupés la nuit. Ces mesures à elles seule devrait permettre d’économiser 2,7 TWh d’énergie par an, soit la consommation d’électricité (hors-chauffage) d’un million de ménages.

Voir l’ensemble du communiqué.


Quelle lampe choisir ? (3) : Bilan

5 juin 2011

La fin des ampoules à incandescence est en cours, il va falloir se tourner vers d’autres sources d’éclairage.

Alors, par quoi remplacer nos bientôt défuntes lampes à incandescence ? Fluocompactes? Halogènes? LED? Voici un petit tableau récapitulatif de leurs différentes caractéristiques.

Chacune de ces technologies est encore et toujours en cours d’optimisation, mais les premières versions sont déjà tout à fait capables de prendre le relais de nos ampoules à incandescence.

Rappelons l’objectif de cette révolution forcée : diminuer la consommation énergétique européenne. L’éclairage représenterait environ 10% de la consommation d’énergie totale. On estime que cette mesure pourrait permettre une économie d’énergie équivalente à la consommation de la Belgique.

Retour aux articles précédents : les Fluocompactes, les halogènes et les LED


Quelle lampe choisir ? (2) : les halogènes et les LED

27 mai 2011

La fin des ampoules à incandescence est en cours, il va falloir se tourner vers d’autres sources d’éclairage.

Lampes halogènes

Principe : Il s’agit d’une lampe à incandescence améliorée, le filament échauffe un gaz halogène (tel le brome ou l’iode) qui produit de la lumière. C’est en de nombreux points l’ampoule la plus proche de incandescence.

Efficacité lumineuse : 14 lumen/W

Prix : 4-5€

Durée de vie : 2 ans

Allumage : instantané

Utilisation recommandée : La lumière étant très naturelle, elle est très adaptée en cuisines et pour les salles de bain (pour que les légumes/fruits/viandes et le visage n’aient pas une couleur blafarde). De plus, puisque l’ampoule résiste bien aux allumages répétitifs, c’est la lampe la plus adaptée aux couloirs et zones de passage.

A savoir : La lampe halogène est la moins intéressante en terme d’économie d’énergie, elle est plus un choix par défaut là où les fluocompactes et les LED ne sont pas très adaptées. Il n’y a pas de filière de retraitement en fin de vie, des études ont montré qu’une filière de recyclage serait bien trop polluante : à jeter dans les ordures ménagères.

Lampes LED

Principe : La diode électro-luminescente (LED) est un matériau semi-conducteur qui émet de la lumière bleue quand il est traversé par un courant, un composé chimique à sa surface convertie cette lumière de la couleur souhaitée (blanche notamment).

Efficacité lumineuse : 50-80 lumen/W

Prix : 10-40€

Durée de vie : 10-25 ans

Allumage : instantané

Utilisation recommandée : De prix élevé et de qualité variable, la LED ne sert encore à l’heure actuelle que dans certaines niches, pour les particuliers. Elle est recommandée pour la lecture (n’éblouit pas), en extérieur (car non sensible au froid), pour les décorations et les veilleuses (allumage prolongé), et pour tout ce qui est lampe de poche.

A savoir : C’est la lampe la plus économe en énergie, et de grande durée de vie. Elle attend sa démocratisation. En attendant qu’un recyclage spécifique soit créé pour recycler le germanium, les lampes usagées seront à jeter dans les verres et métaux.