RT2012 : Créer de l’inertie thermique sans béton

6 décembre 2012

De nouveaux produits permettent de copier le principe d’inertie thermique dans le bâtiment.

Depuis la RT2005, le confort thermique est pris en compte dans le calcul des performances thermiques. Il est représenté par la TIC (Température intérieur conventionnelle), une valeur de température maximum auquel un bâtiment doit pouvoir être soumis, en clair : il ne faut pas qu’il y fasse trop chaud.

Pour cela plusieurs solutions sont possibles, utiliser la climatisation (ce qui est devenu plus compliqué avec la nouvelle norme, la RT2012), améliorer les protections solaires (pour éviter les surchauffes), et enfin améliorer l’inertie du bâtiment. L’inertie thermique aide dans le bâtiment à stabiliser la température intérieur, en été, les parois stockent la fraîcheur pendant la nuit, et la redistribue ensuite durant la journée. C’est ce déphasage passif qui permet de garder une certaine fraîcheur, sans consommation d’énergie.

Cette inertie est généralement assuré par des matériaux lourds, comme le béton. Mais pour renforcer les bâtiments à ossature bois ou acier, de nouveaux produits sont développés pour imiter cette spécificité. Dupont Energain (lien), par exemple, utilise un matériau à changement de phase, qui change de structure autour de 20°C.

A partir de 22°C, la cire fond, elle absorbe pour cela de l’énergie supplémentaire à l’environnement (la pièce) et ralentit donc son réchauffement. A l’inverse, quand la température refroidit jusqu’à 18°C, la cire se solidifie, cédant des calories à l’environnement ambiant, ralentissant le refroidissement.

Cela créé ainsi l’effet de déphasage qui manque quand on n’utilise pas le béton. Le fabricant estime ainsi que 5 mm de plaque Energain a ainsi le même effet que 30 mm de béton. Pas mal !


Climatiser en faisant transpirer les immeubles

30 novembre 2012

Un laboratoire suisse développe un matériau permettant de climatiser de manière passive des immeubles.

La climatisation, en pleine expansion, est un secteur gourmand en énergie. L’institut fédéral suisse de technologie de Zurich (lien) propose un matériau qui copie le principe de la transpiration : Quand le corps subit une forte augmentation de température, la transpiration s’enclenche, et c’est utilisant l’énergie thermique du corps humain (donc en le refroidissant) que la sueur va s’évaporer.

Le polymère utilisé (répondant au nom barbare de Poly-N-isopropylacrylamide) a la particularité d’absorber l’eau en-dessous de 32°C, mais de l’évacuer au-dessus de ces même 32°C, entraînant le processus d’évaporation, et donc de refroidissement, le tout sans électricité. Les premiers test en laboratoire ont été un succès (abaissement d’une température de 60 à 35°C avec seulement quelques millimètres de produit). On attend à présent un test sur de plus grand édifices.

Bien entendu, le domaine d’application à l’heure actuelle est assez limité, étant donné l’échelle de température et l’important besoin en eau. Cette technologie a aujourd’hui un intérêt certain dans les pays tropicaux, là où humidité et température atteignent des niveaux élevés. Cela tombe bien, ce matériau se révélerait en plus plutôt bon marché.


Enlève ta cravate !

17 février 2012

Le gouvernement du Chili incite les travailleurs à retirer leur cravate pour économiser de l’énergie.

La campagne d’information prête à sourire, mais elle est prise très au sérieux par les autorités chiliennes. Si les salariés voulaient bien retirer leurs cravate au travail, les bureaux auraient moins besoin de climatisation, ce qui générerait une économie d’électricité. Question sensible, car le Chili a souffert de deux black-out concernant la moitié de la population ces deux dernières années. Et la consommation ne cesse d’augmenter.

Le fait est que ce petit accessoire peut être assez désagréable pendant les journées chaudes, mais ce petit geste aurait-il un réel impact sur la consommation d’énergie ? Le gouvernement y croit, puisqu’ils estiment que l’économie engendrée pourrait atteindre 10 millions de dollars ! Des spots publicitaires gouvernementaux ont même été diffusés.

A quand le short au bureau ?


Bilan électrique 2011 en France

5 février 2012

RTE a publié le 19 janvier dernier son bilan de l’électricité en France, qui montre de fortes économies en 2011, et une augmentation de l’exportation.

Le chiffre : -6,8% ! C’est l’économie de consommations des français en 2011 par rapport à 2010, soit 478,2 TWh. Cette diminution s’explique surtout par des conditions climatiques clémentes en 2011, une des années les plus chaudes depuis un siècle selon MétéoFrance. L’hiver étant très doux, les français ont peu consommé en chauffage électrique, et l’été ayant été assez mauvais, les climatisations ont aussi peu tiré sur les lignes.

Les énergies renouvelables (hors hydraulique) ont produit 25,6% de plus que l’année dernière. Ainsi l’éolien a produit 2,5% de l’énergie sur l’année (contre 1,9% en 2010) et la production photovoltaïque a triplée. Notons toutefois que le secteur du photovoltaïque aurait perdu 7000 emplois en 2011, suite essentiellement au moratoire de 2010 et au nouveau cadre de rachat.

Enfin, la France a retrouvé son statut d’exportateur d’électricité majeur en Europe. Ses exportations ont explosés de +89% par rapport à 2010 (55,7 TWh exporté). Bien sûr il y a la baisse de la consommation à l’intérieur et la grande disponibilité du parc électrique, mais c’est surtout l’arrêt soudain de 7 centrales nucléaires en Allemagne qui a gonflé nos exportations vers ce pays.


Qatar 2022, ou la Coupe du monde de football énergivore

7 décembre 2010

Emmenez un des plus gros évênements sportifs de la planète au Moyen-Orient…

Vous y croyiez ? Eh bien la FIFA en a décidé ainsi : la Coupe du Monde 2022 de football aura lieu au Qatar.

Pourtant, ce n’était pas gagné. La FIFA avait déclaré qu’une compétition au Qatar, du fait de ses températures élevées (jusqu’à 60°C en été !) mettrait en danger la santé des joueurs, en activité intensive pendant un mois. Qu’à cela ne tienne, les stades seront climatisés !

Mirage au milieu du désert : catastrophe écologique. Argent et lobby sont visiblement parfaitement maitrîsé par le Qatar (nota : la participation dans le groupe soutien de Yann-Arthus Bertrand, réalisateur de l’exceptionnel film écologique Home, … elles sont où les valeurs contre l’épuisement des ressources ? ). Selon le président du comité de candidature Qatar 2022, le cheikh Mohammad Ben Hamad Al-Thani : « Tous les stades présentés dans notre dossier sont respectueux de l’environnement, par un recours à une technologie de pointe qui réduit à zéro les émissions de CO2 ».

Ben voyons, on demande à voir. Pensez simplement qu’un stade de la taille du Stade de France représente environ 3 millions de mètres cube à climatiser ! Et pour finir, le football n’est pas un sport national, les Stades présentés « seront » démontables pour être envoyés dans d’autres pays en développement, en Afrique.

Résultat du dernier match : FIFA  1 – 0  Developpement Durable.


Solarwall, avoir de l’air chaud simplement

17 octobre 2010

La technologie SolarWall utilise l’énergie solaire pour chauffer l’air alimentant la ventilation des grands bâtiments.

La simplicité du système rappelle un peu le principe du puit canadien, et bien c’est justement une entreprise canadienne, Conserval Engineering, qui est a développé SolarWall. Le principe : Un revêtement métalique microperforé est intallé en façade sud d’un grand bâtiment, à 30 cm du mur. L’air passe par les microperforations du revêtement, qui lui transmet alors sa chaleur accumulée par rayonnement. Les pertes thermiques du batîment de la façade sud ajoute même un surplus de chaleur au système. L’air réchauffé sera ensuite envoyé dans le système de ventilation.

Le principe est simple, déclinable en plusieurs versions, et joue toujours un rôle en été puisqu’il devient une couche d’isolation supplémentaire, en empêchant la rayonnement d’atteindre le mur exposé sud du bâtiment. L’air chaud produit en été sera simplement rejeté à l’extérieur cette fois. Cela fait 30 ans que cette technique a fait ses preuves Outre-Atlantique, mais de grands projets voient le jour en Europe. Le magasin Auchan Miskolc en Hongrie évalue à présent son retour sur investissement sur 4 à 5 ans plutôt que sur les 6 ou 7 prévus initialement. 

Conseval Engineering étudie à présent très sérieusement l’idée de combiner cette technologie au photovoltaïque. La chaleur dégagée par les cellules serait évacuée par ce système, ce qui permettrait en plus d’améliorer le bilan photovoltaïque, qui diminue avec l’augmentation de température.


Objectifs de la RT 2012

20 juillet 2010

La Réglementation Thermique 2012 promet une grande avancée dans le secteur du bâtiment.

La nouvelle réglementation RT 2012, sortie tout droit des cartons du Grenelle de l’Environnement, promet de grandes évolutions énergétiques dans le bâtiment. Et il en est temps : A lui tout seul, le bâtiment représente plus de 40% de la consommation d’énergie en France, représentant environ 2 tonnes de CO2 rejetées par habitant et par an. Par comparaison, c’est comme si chaque français avait fait 16 fois le trajet Paris-Marseille en voiture individuelle (rejet moyen d’une voiture en France : 160g/km).

La RT 2012 fixe notamment comme objectif une consommation maximum pour les nouveaux logements de 50 kWh/m²/an, la moyenne actuelle étant aux alentours de 260 kWh/m²/an ! Si on regarde la réglementation actuelle, il s’agit en fait de ne construire plus que des Bâtiments Basse Consommation (BBC). Et c’est tout à fait faisable, les méthodes sont nombreuses, connues et complémentaires :

  • Conception réfléchie dans la forme globale du bâtiment. (implantation et orientation).
  • Isolation performante du bâtiment (murs et vitrages), avec retour à l’isolation extérieure.
  • Ventilation améliorée, grâce notament à la VMC double flux.
  • Système de chauffage performant (Pompe à chaleur, chaudière bois, gaz à condensation).
  • Utilisation de matériaux renouvelables, de proximité.
  • Intégration des énergies renouvelables (le solaire thermique est devenu incontournable).

Bien entendu cela entraîne une augmentation du coût de construction, de l’ordre de 10 à 15%, mais à relativiser du fait de l’immense économie engendrée sur le long terme. La généralisation et la mise en place avancée de la RT2012 en 2011 aux bâtiments tertiaires et publics devraient aider à la baisse des prix.