Eco-construction : détruire ou rénover ?

9 novembre 2012

Cette question prend de plus en plus d’importance avec les objectifs d’économies d’énergies dans le bâtiment.

L’éco-construction prend son envol. Les bâtiments doivent consommer de moins en moins, comme l’exige la nouvelle réglementation thermique, partiellement en place depuis octobre 2011, qui vise à faire du BBC une référence dans le domaine énergétique.

Toutefois, une question se pose sur de plus en plus de projets de construction. Quitte à rénover un bâtiment, ne vaut-il pas mieux choisir la solution radicale qui est de détruire complètement un ouvrage pour le reconstruire le plus parfaitement possible ?

Démolir ? Bien entendu, cette solution est justifiée d’un point de vue technique. Il est effectivement beaucoup plus facile de faire un bâtiment propre en traitant le sujet dès la phase de conception. Traiter les ponts thermiques, optimiser le positionnement des vitrages par rapport au soleil, faire appel à la géothermie… autant d’opération beaucoup plus simples à mettre en oeuvre sur un terrain vierge au départ.

Rénover ? A l’inverse toutefois, il est bien sûr évident qu’une opération de démolition préalable demande un budget bien plus conséquent, hors de portée d’un grand nombre de personne. De plus, un terme qui se développe de plus en plus dans le secteur est la prise en compte de l’énergie grise : on ne compte plus seulement les réductions de consommations futures, on prend aussi en compte l’énergie en amont, celle nécessaire à la création des matériaux de constructions, à leur transport, et aux travaux eux-mêmes. De ce point là, il est évident que démolir pour reconstruire ensuite est une très mauvaise opération.

Pour l’instant, la réglementation ne fixe pas d’objectifs trop contraignants pour la rénovation thermique, partant du fait que cela part d’abord du volontariat et pour ne pas décourager les investissement. Seul le neuf est donc sommé d’atteindre des objectifs assez strictes. Mais pour combien de temps encore ?

Cette question risque de réapparaître pour la prochaine réglementation thermique (RT2020 probablement), qui devra statuer sur les niveaux de consommation à atteindre, l’extension à la rénovation, la prise en compte de l’énergie grise, le choix du renouvelable, etc.


Le chauffage électrique disparaît des logements neufs

26 octobre 2012

Les chiffres sont impressionnants, depuis 2008, l’utilisation du chauffage électrique dans les logements neufs est passé de 70% à 20% !

La cause principale tient en la nouvelle réglementation thermique, la RT2012, résultant du grenelle de l’environnement, qui ne s’appliquera au logement qu’en janvier 2013. La réglementation thermique défavorise fortement l’électricité en tant que mode de chauffage sur le résultat final. Les constructeurs ont pris acte de cette législation et l’ont anticipé dans leurs projets.

Si l’électricité est si décriée dans le chauffage, c’est qu’elle avait pris ces derniers temps des proportions d’utilisation énormes (les 70%). Et c’est ce qui explique que chaque vague de froid entraîne une surconsommation en France à en faire exploser les lignes, obligeant EDF à pousser les centrales à énergies fossiles à fond et à importer de l’électricité des pays voisins.

Autres points défavorables pour utiliser l’électricité en chauffage :

  • Le mauvais rendement de la production et de son transport (faible par rapport aux autres modes de chauffage).
  • La facilité d’utilisation et le faible coût encourageait plutôt à surdimensionner les équipements de chauffage plutôt qu’à isoler les bâtiments.
  • L’électricité est considérée comme une énergie pure, particulièrement dégradée quand elle est utilisée en chauffage. (Ce que l’on définit sous le terme d’ « exergie » chez les énergéticiens).
  • L’électricité est demandée dans de nombreux postes où on n’a pas d’autres solutions de source (électroménagers, high-tech, et en partie transport), autant l’économiser là où on le peut.

Bien sûr, en contre-partie, l’électricité est l’énergie qui produit le moins de GES (gaz à effet de serre) en France. Cet argument a d’ailleurs été fortement utilisé par ses défenseurs qui accuse la loi d’un manque de flexibilité avec sa dernière réglementation. D’autant qu’à l’inverse, le chauffage au gaz explose !

Le chauffage électrique classique continue toutefois d’être utilisé, mais dans des bâtiments très bien isolés ou dans des régions où leur utilisation est ponctuelle et très réduite (dans le Sud-Est typiquement)


Objectifs de la RT 2012

20 juillet 2010

La Réglementation Thermique 2012 promet une grande avancée dans le secteur du bâtiment.

La nouvelle réglementation RT 2012, sortie tout droit des cartons du Grenelle de l’Environnement, promet de grandes évolutions énergétiques dans le bâtiment. Et il en est temps : A lui tout seul, le bâtiment représente plus de 40% de la consommation d’énergie en France, représentant environ 2 tonnes de CO2 rejetées par habitant et par an. Par comparaison, c’est comme si chaque français avait fait 16 fois le trajet Paris-Marseille en voiture individuelle (rejet moyen d’une voiture en France : 160g/km).

La RT 2012 fixe notamment comme objectif une consommation maximum pour les nouveaux logements de 50 kWh/m²/an, la moyenne actuelle étant aux alentours de 260 kWh/m²/an ! Si on regarde la réglementation actuelle, il s’agit en fait de ne construire plus que des Bâtiments Basse Consommation (BBC). Et c’est tout à fait faisable, les méthodes sont nombreuses, connues et complémentaires :

  • Conception réfléchie dans la forme globale du bâtiment. (implantation et orientation).
  • Isolation performante du bâtiment (murs et vitrages), avec retour à l’isolation extérieure.
  • Ventilation améliorée, grâce notament à la VMC double flux.
  • Système de chauffage performant (Pompe à chaleur, chaudière bois, gaz à condensation).
  • Utilisation de matériaux renouvelables, de proximité.
  • Intégration des énergies renouvelables (le solaire thermique est devenu incontournable).

Bien entendu cela entraîne une augmentation du coût de construction, de l’ordre de 10 à 15%, mais à relativiser du fait de l’immense économie engendrée sur le long terme. La généralisation et la mise en place avancée de la RT2012 en 2011 aux bâtiments tertiaires et publics devraient aider à la baisse des prix.


HQE : (1/2) Cibles du label

3 mars 2009

HQE, Haute Qualité Environnementale, gage de qualité …

Présent depuis une dizaine d’années en France, le label HQE s’applique à des batîment dont la construction, la rénovation et l’utilisation répondent à des normes environnementales et à des normes de confort des occupants. Au-dessus de ce qu’exige la loi, c’est une démarche volontaire, pour le moment.
Elle est de plus en plus liée au label HPE (Haute Performance Energétique), THPE (Très Haute…),  BBC (Batîment Basse Consommation) ou BEPOS (Batîment à Energie Positive[*]), labels caractérisant l’aspect énergétique du batîment.

Le HQE est attribué selon le respect des critères suivants :

Critères d’extérieur:
• Relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement immédiat (: le batîment se fond dans le décor)
• Choix des procédés et produits de construction (: choix qualité/proximité/efficacité des méthodes)
• Chantier à faibles nuisances (: ne dérangeant pas le voisinage)
• Gestion de l’énergie
• Gestion de l’eau
• Gestion des déchets d’activité
• Entretien et maintenance

Critères d’intérieur:
• Acoustique
• Visuel
• Olfactif
• Conditions sanitaires
• Qualité de l’air
• Qualité de l’eau

Label à l’intention tout à fait noble, il multiplie sa présence sur le marché.