Se chauffer avec un radiateur-ordinateur à Paris

16 septembre 2013

Une start-up parisienne propose d’installer des ordinateurs de calcul chez les particuliers.

On souligne régulièrement l’importance de récupérer la chaleur de l’activité humaine, et l’importance grandissante des TIC et autres matériels électronique dans la consommation globale d’électricité. Ainsi, les data-centers sont particulièrement visées par cette logique, en amenant la chaleur dégager pour chauffer bureaux, voire logements.

Q.Rad

La start-up Qarnot Computing, a imaginé la solution sous un tout nouvel angle : faire chauffer l’ordinateur de calcul directement chez l’utilisateur, pour récolter les données dans la foulée. Les utilisateurs, en faisant varier le thermostat, libèrent plus ou moins d’espace de calculs qu’utilise l’entreprise Qarnot, le tout connectée à une simple prise internet et à une prise d’alimentation. En voilà une solution simple et souple !

Selon son créateur, Paul Benoit, cette solution revient moins chère, à la fois pour l’entreprise qui y souscrit, car il n’y a pas à rentabiliser et entretenir les coûteuses data-centers classiques, et à la fois pour l’utilisateur, car Qarnot leur paye leur dépense de chauffage, logique car plus les habitants chauffent leurs locaux, plus il peut revendre des ressources disponibles. De plus, aucun soucis de sécurité, ces radiateurs ne stockant aucune données. Au final tout le monde s’y retrouve !

Une expérimentation grandeur nature a été lancée dans un HLM parisien, avec environ 300 radiateurs-ordinateurs Q.rad équipant une centaine de logements, qui verront donc leur facture d’électricité se réduire… à rien.

Une magnifique idée, ceci dit, l’entreprise Qarnot risque de manquer d’activité une fois l’hiver terminé…

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Le plan rénovation énergétique 2013

1 avril 2013

Le gouvernement a diffusé sa feuille de route fixant les grands axes de soutien au bâtiment et à la rénovation énergétique.

Hollande, constructionLa feuille de route présente trois grands axes : Lever les freins à l’aboutissement des projets, Relancer la construction des nouveaux projets, et Soutenir la rénovation énergétique. L’objectif est d’atteindre les 500.000 logements renouvelés par an d’ici 2017, pour atteindre l’objectif du Grenelle : une économie énergétique de 38% d’ici 2020.

Dans le cas particulier de la rénovation énergétique, les actions sont :

  • Première étape : Enclencher la décision.
    Mettre en place un guichet unique de conseils et d’informations aux propriétaires au niveau national, et créer un millier de poste de types « ambassadeurs » pour repérer et aller à la rencontre des ménages précaires pour leur faciliter l’accès aux aides et programmes auxquels ils ont droit.
  • Deuxième étape : Financer la rénovation.
    Optimiser les outils existants (Eco-PTZ), les crédits d’impôts et autres subventions, mettre en place un tiers financement public et créer des primes exceptionnelles en augmentant l’assiette des ménages cibles.
  • Troisième étape : Développer la filière.
    Poursuivre la formation et la qualification des artisans et les accompagner dans leur maîtrise des coûts.

Il est prévu que la plupart des actions soient lancées par des ordonnances. Pour le texte complet, avec les autres points, c’est ici.


AdopteUneChaudière

13 janvier 2013

Votre monde est froid et vide ? Besoin d’une nouvelle chaudière ? Trouvez celle qui réchauffera votre coeur (et vos articulations, vos extrémités, etc).

Rencontrez la chaudière idéale !

Source et création


RT2012 : Créer de l’inertie thermique sans béton

6 décembre 2012

De nouveaux produits permettent de copier le principe d’inertie thermique dans le bâtiment.

Depuis la RT2005, le confort thermique est pris en compte dans le calcul des performances thermiques. Il est représenté par la TIC (Température intérieur conventionnelle), une valeur de température maximum auquel un bâtiment doit pouvoir être soumis, en clair : il ne faut pas qu’il y fasse trop chaud.

Pour cela plusieurs solutions sont possibles, utiliser la climatisation (ce qui est devenu plus compliqué avec la nouvelle norme, la RT2012), améliorer les protections solaires (pour éviter les surchauffes), et enfin améliorer l’inertie du bâtiment. L’inertie thermique aide dans le bâtiment à stabiliser la température intérieur, en été, les parois stockent la fraîcheur pendant la nuit, et la redistribue ensuite durant la journée. C’est ce déphasage passif qui permet de garder une certaine fraîcheur, sans consommation d’énergie.

Cette inertie est généralement assuré par des matériaux lourds, comme le béton. Mais pour renforcer les bâtiments à ossature bois ou acier, de nouveaux produits sont développés pour imiter cette spécificité. Dupont Energain (lien), par exemple, utilise un matériau à changement de phase, qui change de structure autour de 20°C.

A partir de 22°C, la cire fond, elle absorbe pour cela de l’énergie supplémentaire à l’environnement (la pièce) et ralentit donc son réchauffement. A l’inverse, quand la température refroidit jusqu’à 18°C, la cire se solidifie, cédant des calories à l’environnement ambiant, ralentissant le refroidissement.

Cela créé ainsi l’effet de déphasage qui manque quand on n’utilise pas le béton. Le fabricant estime ainsi que 5 mm de plaque Energain a ainsi le même effet que 30 mm de béton. Pas mal !


Climatiser en faisant transpirer les immeubles

30 novembre 2012

Un laboratoire suisse développe un matériau permettant de climatiser de manière passive des immeubles.

La climatisation, en pleine expansion, est un secteur gourmand en énergie. L’institut fédéral suisse de technologie de Zurich (lien) propose un matériau qui copie le principe de la transpiration : Quand le corps subit une forte augmentation de température, la transpiration s’enclenche, et c’est utilisant l’énergie thermique du corps humain (donc en le refroidissant) que la sueur va s’évaporer.

Le polymère utilisé (répondant au nom barbare de Poly-N-isopropylacrylamide) a la particularité d’absorber l’eau en-dessous de 32°C, mais de l’évacuer au-dessus de ces même 32°C, entraînant le processus d’évaporation, et donc de refroidissement, le tout sans électricité. Les premiers test en laboratoire ont été un succès (abaissement d’une température de 60 à 35°C avec seulement quelques millimètres de produit). On attend à présent un test sur de plus grand édifices.

Bien entendu, le domaine d’application à l’heure actuelle est assez limité, étant donné l’échelle de température et l’important besoin en eau. Cette technologie a aujourd’hui un intérêt certain dans les pays tropicaux, là où humidité et température atteignent des niveaux élevés. Cela tombe bien, ce matériau se révélerait en plus plutôt bon marché.


Eco-construction : détruire ou rénover ?

9 novembre 2012

Cette question prend de plus en plus d’importance avec les objectifs d’économies d’énergies dans le bâtiment.

L’éco-construction prend son envol. Les bâtiments doivent consommer de moins en moins, comme l’exige la nouvelle réglementation thermique, partiellement en place depuis octobre 2011, qui vise à faire du BBC une référence dans le domaine énergétique.

Toutefois, une question se pose sur de plus en plus de projets de construction. Quitte à rénover un bâtiment, ne vaut-il pas mieux choisir la solution radicale qui est de détruire complètement un ouvrage pour le reconstruire le plus parfaitement possible ?

Démolir ? Bien entendu, cette solution est justifiée d’un point de vue technique. Il est effectivement beaucoup plus facile de faire un bâtiment propre en traitant le sujet dès la phase de conception. Traiter les ponts thermiques, optimiser le positionnement des vitrages par rapport au soleil, faire appel à la géothermie… autant d’opération beaucoup plus simples à mettre en oeuvre sur un terrain vierge au départ.

Rénover ? A l’inverse toutefois, il est bien sûr évident qu’une opération de démolition préalable demande un budget bien plus conséquent, hors de portée d’un grand nombre de personne. De plus, un terme qui se développe de plus en plus dans le secteur est la prise en compte de l’énergie grise : on ne compte plus seulement les réductions de consommations futures, on prend aussi en compte l’énergie en amont, celle nécessaire à la création des matériaux de constructions, à leur transport, et aux travaux eux-mêmes. De ce point là, il est évident que démolir pour reconstruire ensuite est une très mauvaise opération.

Pour l’instant, la réglementation ne fixe pas d’objectifs trop contraignants pour la rénovation thermique, partant du fait que cela part d’abord du volontariat et pour ne pas décourager les investissement. Seul le neuf est donc sommé d’atteindre des objectifs assez strictes. Mais pour combien de temps encore ?

Cette question risque de réapparaître pour la prochaine réglementation thermique (RT2020 probablement), qui devra statuer sur les niveaux de consommation à atteindre, l’extension à la rénovation, la prise en compte de l’énergie grise, le choix du renouvelable, etc.


Le chauffage électrique disparaît des logements neufs

26 octobre 2012

Les chiffres sont impressionnants, depuis 2008, l’utilisation du chauffage électrique dans les logements neufs est passé de 70% à 20% !

La cause principale tient en la nouvelle réglementation thermique, la RT2012, résultant du grenelle de l’environnement, qui ne s’appliquera au logement qu’en janvier 2013. La réglementation thermique défavorise fortement l’électricité en tant que mode de chauffage sur le résultat final. Les constructeurs ont pris acte de cette législation et l’ont anticipé dans leurs projets.

Si l’électricité est si décriée dans le chauffage, c’est qu’elle avait pris ces derniers temps des proportions d’utilisation énormes (les 70%). Et c’est ce qui explique que chaque vague de froid entraîne une surconsommation en France à en faire exploser les lignes, obligeant EDF à pousser les centrales à énergies fossiles à fond et à importer de l’électricité des pays voisins.

Autres points défavorables pour utiliser l’électricité en chauffage :

  • Le mauvais rendement de la production et de son transport (faible par rapport aux autres modes de chauffage).
  • La facilité d’utilisation et le faible coût encourageait plutôt à surdimensionner les équipements de chauffage plutôt qu’à isoler les bâtiments.
  • L’électricité est considérée comme une énergie pure, particulièrement dégradée quand elle est utilisée en chauffage. (Ce que l’on définit sous le terme d’ « exergie » chez les énergéticiens).
  • L’électricité est demandée dans de nombreux postes où on n’a pas d’autres solutions de source (électroménagers, high-tech, et en partie transport), autant l’économiser là où on le peut.

Bien sûr, en contre-partie, l’électricité est l’énergie qui produit le moins de GES (gaz à effet de serre) en France. Cet argument a d’ailleurs été fortement utilisé par ses défenseurs qui accuse la loi d’un manque de flexibilité avec sa dernière réglementation. D’autant qu’à l’inverse, le chauffage au gaz explose !

Le chauffage électrique classique continue toutefois d’être utilisé, mais dans des bâtiments très bien isolés ou dans des régions où leur utilisation est ponctuelle et très réduite (dans le Sud-Est typiquement)