Mesures sur l’énergie des dix candidats à la présidentielle 2012

8 avril 2012

A deux semaines du premier tour, petit bilan sur les positions des candidats à propos de l’énergie, bien que ce sujet soit largement occulté dans la campagne 2012.

Globalement, hormis Sarkozy, les candidats sont pour un meilleur contrôle national des énergies. Beaucoup proposent une tarification des prix des énergies, certains le ferait de manière radicale avec une nationalisation des énergéticiens français. Ensuite, la majorité sont pour un “soutien accru” aux énergies renouvelables, mais peu rentrent dans les détails.

Nathalie Arthaud. Aucun commentaire, visiblement, l’énergie, soit ce n’est pas la priorité, soit c’est un sujet mal maitrisé.

Philippe Poutou. Un avis : sortie du nucléaire dans 10 ans. Étrangement, c’est le plus radical des anti-nucléaires (et oui, même devant Eva Joly).

Jacques Cheminade. Un vrai OVNI : il ne parle que du nucléaire, mais il en parle beaucoup. Seule solution d’avenir selon lui, il souhaite par contre remplacer les systèmes de fission actuels par des méthodes moins dangereuses (méconnues, mais théoriquement valables). Il veut aussi trouver un moyen d’utiliser les déchets, et développer des propulseurs spatiaux nucléaires (ça laisse rêveur).

Jean-Luc Mélenchon. Il se bat surtout pour que l’énergie soit un enjeu public, en abolissant l’obligation de libre-concurrence dans ce domaine. Personnellement pour l’arrêt du nucléaire, il tient à un référendum national avant toute décision.

Dupont-Aignan. En plus de son soutien au nucléaire, le plus marquant est sa volonté de nationaliser EDF-GDF, et de réquisitionner Total (ses termes). Il est, avec Hollande et Le Pen, partisan d’un blocage du prix de l’essence. Mesure qui fait peu pédagogique, étant donné qu’une mesure pareille ne pourra être éternelle : la reprise des cours normaux finira par être encore plus douloureuse. C’est finalement le candidat le plus conservateur sur ce sujet.

François Hollande. Hormis la poursuite de l’EPR, le reste vient des négociations avec les Verts : comme l’arrêt de Feissenheim, ou passer de 75% à 50% de nucléaire d’ici 2025. Il y a une volonté, mais 2025 ça laisse de la marge : il n’a pas d’avis tranché sur le nucléaire, ce qui n’est pas forcément plus mal.

Bayrou. En fidèle centriste, il propose un plus gros projet européen et une meilleure coordination, et n’a pas d’avis tranché sur le nucléaire, comme Hollande. Il souhaite conserver le nucléaire, en tout cas, à court terme. Il veut un débat à ce sujet après les élections.

Nicolas Sarkozy. Soutien accru au développement nucléaire et passage à 23% de renouvelables d’ici 2020 : le candidat sortant suit la feuille de route du second Grenelle de l’environnement.

Marine Le Pen. A part la nationalisation des services de l’énergie, elle envisage une sortie du nucléaire… un jour, à long terme. Elle veut passer à 10 à 15% d’énergies renouvelables… un jour. Visiblement, elle ne connait rien au sujet, et aurait mieux fait de s’abstenir (comme l’a fait Arthaud). En effet : 15% d’énergies renouvelables ? Ça tombe bien : on y est déjà !

Eva Joly. Ça va être compliqué de faire un point concis dans son cas, car la transition énergétique, c’est son domaine. En gros, 3 dates : [2020] 40% de nucléaire, 40% de renouvelables, [2032] 0% de nucléaire, [2050] 100% de renouvelables. Niveau durées, l’ensemble parait très réfléchi et réalisable. Je me demande juste comment on compensera en 2032-2050… Pour les plus curieux, j’invite à aller sur le site dédié d’EELV sur l’énergie.

Mon avis personnel dans ce domaine : Le développement des énergies renouvelables ? Pour. L’arrêt du nucléaire? Pourquoi pas, mais plutôt d’ici au moins 40 ans si jamais, et si d’ici là on développe d’autres systèmes de centrales nucléaires alternatives, tant mieux. Blocage du prix de l’essence ? Contre, il faudra bien affronter la vérité un jour. Renforcer le contrôle national de l’énergie et limiter la concurrence ? Sécurisant. Arrêt de Feissenhem ? Oui. Arrêt de l’EPR ? Non, on y a déjà mis assez de milliards d’euros, autant le finir. Et sinon, sujet non abordé ici : priorité à la réduction des consommations.

Note : Le Monde a mis en ligne un comparateur de programme bien fait qui permet de comparer les mesures annoncées des différents candidats dans un certain nombre de domaines. A voir ici.


L’UE va voter des accords contraignants, pour atteindre les objectifs d’économies d’énergie

7 mars 2012

Mardi 28 Février, la Commission Énergie du Parlement européen a voté en faveur d’objectifs contraignants  en ce qui concerne les objectifs de la directive européenne sur l’efficacité énergétique. En d’autres termes, les pays membres de l’Union-Européenne pourraient être sanctionnés s’ils ne respectaient pas les objectifs fixés par la Commission européenne.

Si actuellement les objectifs sont non-contraignants, la décision devrait être votée prochainement par le Conseil européen. Le cas échéant, en Juin 2013, les Etats seront contrôlés sur les avancées réalisées par rapport aux objectifs d’économies d’énergie.

Le but de cette directive est simple : faire des économies d’énergie dans les bâtiments publics, résidentiels, tertiaires et industriels. Actuellement, la consommation énergétique des bâtiments représentent environ 40 % de la consommation d’énergie de l’Union-Européenne. Ainsi, d’ici 2020, les Etats membres de l’Union-Européenne devront faire 20 % d’économies d’énergie et rénover 2,5 % des bâtiments occupés ou détenus par le public.

La France a déjà mis en place plusieurs dispositifs pour faire des économies d’énergie :

- Le dispositif des certificats d’économies d’énergie pour les « obligés » ;

- Des réglementations contraignantes comme la Règlementation thermique 2012 (RT 2012) ;

- Les aides au financement de travaux à économies d’énergie. Par exemple, le crédit d’impôt développement durable encourage les ménages à investir dans les énergies renouvelables et faire des travaux d’économies d’énergie.

La directive européenne sur l’efficacité énergétique vise aussi à réduire les émissions de CO2, notamment par le biais d’un système européen d’échange de quotas. Les émissions de CO2 devraient être réduites de 20 % d’ici 2020 dans l‘Union-Européenne.

(Source : voseconomiesdenergies.fr)


Enlève ta cravate !

17 février 2012

Le gouvernement du Chili incite les travailleurs à retirer leur cravate pour économiser de l’énergie.

La campagne d’information prête à sourire, mais elle est prise très au sérieux par les autorités chiliennes. Si les salariés voulaient bien retirer leurs cravate au travail, les bureaux auraient moins besoin de climatisation, ce qui générerait une économie d’électricité. Question sensible, car le Chili a souffert de deux black-out concernant la moitié de la population ces deux dernières années. Et la consommation ne cesse d’augmenter.

Le fait est que ce petit accessoire peut être assez désagréable pendant les journées chaudes, mais ce petit geste aurait-il un réel impact sur la consommation d’énergie ? Le gouvernement y croit, puisqu’ils estiment que l’économie engendrée pourrait atteindre 10 millions de dollars ! Des spots publicitaires gouvernementaux ont même été diffusés.

A quand le short au bureau ?


La production européenne de biocarburants baisse alors que la demande augmente

2 janvier 2012

Les producteurs européens de biocarburant font face à une forte concurrence, essentiellement venue d’Asie.

Alors que l’Europe soutient toujours la filière de biocarburant, pourtant critiquée, avec des objectifs ambitieux (20% de la consommation dans les transports), les producteurs européens produisent de moins en moins. Tous les pays ont réduit leur volume de production, certains comme l’Espagne ou l’Italie ont même diminué de moitié leur production.

La faute vient essentiellement de la concurrence étrangère : les importations d’Asie, Indonésie en tête, ont bondi de 75% en un an. Or 2 milliards d’euros ont déjà été investis dans les usines de production européennes, l’UE va donc lancer deux enquêtes : une portant sur le mode de subvention américain du biodiesel, et une portant sur les faibles taxes à l’exportation du biodiesel indonésien, pour leur imposer des tarifs douaniers.

Pour faire un biocarburant propre, il faut peut être commencer par le produire localement, non? Au lieu d’utiliser des ressources pour l’emmener jusqu’à nous.

En attendant, la recherche pour les biocarburants de seconde et troisième génération (qui ne font pas concurrence aux filières alimentaires) continue. La première unité de production à été ouverte en octobre dernier dans la Marne, et au moins deux autres devraient ouvrir d’ici l’année prochaine.


Le gouvernement présente son programme d’action pour l’efficacité énergétique

21 décembre 2011

Vingt-sept propositions. Voilà ce qu’il ressort des études présentées par la Ministre de l’écologie et du développement durable, Nathalie Kosciusko-Morizet.

L’efficacité énergétique est un des trois pillers du développement énergétique moderne, avec le développement des énergies alternatives et la réduction des gaz à effet de serre. L’objectif est de diminuer d’ici 2020 la consommation électrique du pays d’au moins 20%. Ces propositions portent sur 4 tableaux :

  • Améliorer la compétitivité des entreprises
  • Réduire les consommations des ménages
  • Renforcer le rôle des pouvoirs publics
  • S’appuyer sur les technologies numériques

Dans l’ensemble, les propositions portent essentiellement sur des mesures d’incitations et d’aides financières pour les entreprises et collectivités investissant dans l’efficacité énergétique, un accès facilité aux aides pour les travaux de rénovation chez les particuliers, et une amélioration des moyens de sensibilisation citoyens. L’aide sociale pour les plus précaires n’est pas oubliée, le rôle de l’ADEME est renforcé, et le niveau de formation des professionnels de l’énergie revu à la hausse.

Certains outils de législation devraient apparaître également, avec par exemple l’interdiction des éclairages d’enseignes entre 1h et 6h du matin (suivant l’activité économique) et l’interdiction de l’éclairage extérieur et intérieur des bâtiments du tertiaire non-occupés la nuit. Ces mesures à elles seule devrait permettre d’économiser 2,7 TWh d’énergie par an, soit la consommation d’électricité (hors-chauffage) d’un million de ménages.

Voir l’ensemble du communiqué.


Accord PS-EELV : la place de l’énergie

20 novembre 2011

Après un court feuilleton, socialistes et écologiques se sont mis d’accord sur un certain nombre de convergence politique.

Il n’a pas été sujet uniquement d’écologie. Europe, finances, fiscalité, éducation… de nombreuses grandes lignes à suivre ont été signées d’un commun accord par les deux partis. Quid de la partie énergie et environnement ?

  • Loi cadre de transition énergétique à adopter dès 2013.
  • Encourager les filières d’avenir (éco-construction, agro-ressources…) et favoriser la création de 600.000 emplois verts.
  • Volonté de mettre en place une taxe carbone.
  • Plan national de réduction de la consommation énergétique (notamment rénovation énergétique des bâtiments).
  • Réduction de la part du nucléaire de 75 à 50% de la production électrique d’ici 2025.
  • Fermeture de 24 réacteurs nucléaires d’ici 2025 et arrêt immédiat de la centrale de Fessenheim. Aucun nouveau projet.
  • Point de désaccord ou en suspens : avenir du réacteur EPR de Flammanville, reconversion de la filière MOX, avenir du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes à Nantes.

Là où les premiers points ont été signés sans réel soucis, les points difficiles ont été ceux touchant à la filière nucléaire. Un tel accord officialisant un arrêt obligatoire de 24 réacteurs nucléaires d’ici 2025 pose un certain problème d’éthique, car bien qu’il ne parait pas aberrant d’arrêter des réacteurs qui auront d’ici là plus de 40 ans d’âge, jouer la situation énergétique du pays sur un coup de dés politique, cela semble un peu limite. Il faudra être très efficace sur le développement de nouvelles sources et sur l’amélioration de l’efficacité énergétique du pays pour ne pas avoir à recourir aux énergies fossiles pour compenser la baisse de production.

L’avenir du réacteur EPR est complètement incertain : François Hollande, comme un certain nombre d’écologistes “modérés”, envisage mal d’arrêter un chantier qui a déjà englouti 4 milliards d’euros, à mi-chemin de sa mise en service. Une bien lourde facture mais rendue nécessaire pour ce qui doit être le réacteur le plus sécurisé et surveillé au monde.

Accord PS-EELV


Investissements mondiaux 2010 dans les EnR

26 juin 2011

Une enquête fait le point sur les investissements dans les énergies renouvelables dans le monde, en forte progression.

243 milliards de dollars. Voici, selon l’agence Pew Charitable Trust, le montant des investissement mondiaux en 2010 pour le développement des Energies renouvelables. Soit 30% d’augmentation en moins d’un an ! En tête de ces investissement, la Chine avec ses 54,4 milliard dépensés représente 22% des investissements mondiaux. Viennent ensuite l’Allemagne (41,2 G$), les Etats-Unis (34 G$), l’Italie (13,9 G$) et le Brésil (7,6 G$). L’éolien représente la plus grosse part des investissements.

La France quand à elle arrive à la 9e place mondiale, et à la 4e place européenne, avec ses 4 milliards de dollars investis. C’est la première fois que la France atteint le Top 10 mondial, c’est une bonne nouvelle, mais cela montre aussi que l’on a encore beaucoup de marge. Les investissements français sont 10 fois moins importants que les investissements allemands, et ne représente que 0,15 % du PIB contre 1,4 % chez nos voisins. D’autant que ce rapport pointe du doigt le gouvernement français, qu’il accuse d’incohérences dans sa politique énergétique.


Débats sur le gaz de schiste (2/2)

20 juin 2011

[...] Parce que tout ça semblait trop beau, ce type d’extraction souffrent de très nombreux défauts, avec des conséquences très néfastes :

Inconvénients

  • Du fait des nombreux forages nécessaires, c’est de destruction du paysage que l’on parle ici.
  • Le début de la fracturation nécessite une explosion, ajouté à un passage forcé de l’eau, c’est tout une zone souterraine de fragilisée. On impute d’ailleurs à ces forages des séismes ayant eu lieu au Etats-Unis, dans des zones plutôt calmes habituellement.
  • Le liquide de fracturation n’est pas de l’eau pure. Des parlementaires américains ont dévoilé une liste de 29 produits toxiques dans ces liquides. Une bonne partie reste d’ailleurs dans le puits.
  • L’acheminement se fait à l’heure actuelle par camions, à cause du changement d’emplacement régulier. Autant dire une pollution supplémentaire, localement.
Enfin, pour terminer, c’est le caractère propre même du gaz de schiste qui est remis en cause. Une étude récente tendrait à prouver que ce gaz est finalement plus polluant que le charbon. En effet, même si la combustion du charbon rejette bien plus de CO2, le gaz est de base composé de méthane (CH4) qui impacte 20 fois plus l’effet de serre que le CO2 sur un siècle. Or, avec ce type d’exploitation, on estime que 3% du gaz est perdu dans la nature. C’est peu, mais assez pour annuler la caractère bénéfique du gaz sur le charbon.
Voir les problèmes dus à l’extraction des gaz de schistes.
.
Conclusion
Il n’est plus question de parler du caractère écologique de l’extraction de gaz de schistes par fracturation hydraulique. A la vue des soucis qu’ont les américains avec cette méthode (de l’eau de robinet, polluée, est, en certains endroits devenue inflammable !), heureusement que la classe politique s’est réveillée assez rapidement. Seul un soucis d’indépendance énergétique pourrait justifier l’utilisation de cette technique d’extraction. Mais le prix à payer est inacceptable.

Débats sur le gaz de schiste (1/2)

10 juin 2011

L’exploitation des gisements de gaz de schiste est soumis à de forts débats en France. Au mois de mai, les députés ont voté l’interdiction de la fracturation hydraulique. Explications.

Le Gaz de Schiste
A l’inverse du gaz naturel conventionnel, où l’on a juste à forer le sol pour que le gaz remonte, le gaz de schiste est enfermé et disséminé dans des roches profondes (les schistes). Avec l’augmentation du prix de l’énergie, les tensions ponctuelles avec la Russie (gros fournisseur de gaz en Europe), les gaz de schistes avait besoin d’un méthode d’extraction efficace et rentable. C’est aujourd’hui le cas.

D’autant que le potentiel français est estimé à une centaine d’années de consommation nationale. D’un point de vue indépendance énergétique, c’est donc une option intéressante, et quatre permis d’exploitation ont été délivrée dans le sud du bassin parisien. Et à priori d’un point de vue écologique, le gaz est préférable au pétrole ou au charbon.

Fracturation hydraulique
La méthode a été développée au Etats-Unis depuis quelques années. Elle consiste à forer jusqu’aux couches de schistes, et de forcer des fractures dans la roche avec de l’eau. Cette fracturation libère le gaz, qui remonte en suivant le jet d’eau.

Au regard des petites quantités prélevées, ce procédé est tout de même assez long et nécessite de nombreux forages.

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Voyage à Fribourg (5/5)

28 avril 2011

Petit tour dans une ville européenne référence sur les questions énergétiques et environnementales.

La rivière proche, le Dreisam, est sertie de plusieurs centrales mini hydrauliques. Mais l’une d’elles est particulièrement intéressante et tend à se développer. Celle avec la vis d’Archimède (ou vis sans fin), déjà traité sur ce site, ici. Par rapport à un barrage classique à turbine, elle a besoin d’une vitesse d’eau trois fois moindre pour produire la même quantité d’énergie.

Pour conclure cette visite de Fribourg, il est intéressant de constater que l’action de la population a orienté les décisions politiques et marketing.

Le photovoltaïque est intégré partout en ville, on le sait. Ça va jusqu’au stade de foot du SC Freibourg (présent en Boundesliga) entièrement couvert de panneaux solaires (100.000 kWh/an), en passant par l’hôtel Victoria, hôtel de prestige alimenté en bois, en photovoltaïque et éoliennes, pour aller jusqu’au Aldi du quartier Vauban, qui est recouvert de panneaux solaires (mais orientés dans le mauvais sens !!, on ne peut pas avoir toujours tout bon).

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