Bilan électrique 2011 en France

5 février 2012

RTE a publié le 19 janvier dernier son bilan de l’électricité en France, qui montre de fortes économies en 2011, et une augmentation de l’exportation.

Le chiffre : -6,8% ! C’est l’économie de consommations des français en 2011 par rapport à 2010, soit 478,2 TWh. Cette diminution s’explique surtout par des conditions climatiques clémentes en 2011, une des années les plus chaudes depuis un siècle selon MétéoFrance. L’hiver étant très doux, les français ont peu consommé en chauffage électrique, et l’été ayant été assez mauvais, les climatisations ont aussi peu tiré sur les lignes.

Les énergies renouvelables (hors hydraulique) ont produit 25,6% de plus que l’année dernière. Ainsi l’éolien a produit 2,5% de l’énergie sur l’année (contre 1,9% en 2010) et la production photovoltaïque a triplée. Notons toutefois que le secteur du photovoltaïque aurait perdu 7000 emplois en 2011, suite essentiellement au moratoire de 2010 et au nouveau cadre de rachat.

Enfin, la France a retrouvé son statut d’exportateur d’électricité majeur en Europe. Ses exportations ont explosés de +89% par rapport à 2010 (55,7 TWh exporté). Bien sûr il y a la baisse de la consommation à l’intérieur et la grande disponibilité du parc électrique, mais c’est surtout l’arrêt soudain de 7 centrales nucléaires en Allemagne qui a gonflé nos exportations vers ce pays.


Première centrale photovoltaïque flottante d’Europe, dans le Vaucluse.

16 juin 2011

La première centrale photovoltaïque d’Europe devrait être française.

L’entreprise Ciel & Terre a déposé un permis de construire sur un plan d’eau de 50 hectares une barge de 40.000 modules photovoltaïques, dans le Vaucluse, près du village de Piolenc. D’un budget de 35 millions d’euros, cette centrale de 12 MW devrait pouvoir produire 16 GWh/an. Cela représente la consommation annuelle de 5 à 6000 foyers français.

Ce serait la première fois qu’une installation de ce type se fasse en Europe, c’est une alternative intéressante pour ne pas recouvrir de grandes surfaces de terres agricoles. La faune marine n’en sera que peu affectée, d’autant que les panneaux ne prendront que le centre du plan d’eau, un bassin de carrière en fin d’activité. Cela pourrait être le point de départ d’une généralisation à d’autres plans d’eau, tels les retenues de barrages.


Voyage à Fribourg (5/5)

28 avril 2011

Petit tour dans une ville européenne référence sur les questions énergétiques et environnementales.

La rivière proche, le Dreisam, est sertie de plusieurs centrales mini hydrauliques. Mais l’une d’elles est particulièrement intéressante et tend à se développer. Celle avec la vis d’Archimède (ou vis sans fin), déjà traité sur ce site, ici. Par rapport à un barrage classique à turbine, elle a besoin d’une vitesse d’eau trois fois moindre pour produire la même quantité d’énergie.

Pour conclure cette visite de Fribourg, il est intéressant de constater que l’action de la population a orienté les décisions politiques et marketing.

Le photovoltaïque est intégré partout en ville, on le sait. Ça va jusqu’au stade de foot du SC Freibourg (présent en Boundesliga) entièrement couvert de panneaux solaires (100.000 kWh/an), en passant par l’hôtel Victoria, hôtel de prestige alimenté en bois, en photovoltaïque et éoliennes, pour aller jusqu’au Aldi du quartier Vauban, qui est recouvert de panneaux solaires (mais orientés dans le mauvais sens !!, on ne peut pas avoir toujours tout bon).

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Voyage à Fribourg (4/5)

13 avril 2011

Petit tour dans une ville européenne référence sur les questions énergétiques et environnementales.

Petite excursion dans la commune de Fréiamt, à 30km de Fribourg. Au coeur de la forêt noire, cette commune affiche une production énergétique correspondant à environ 130% de sa consommation.

Première visite, une centrale biogaz. Reconverti de l’élevage bovin depuis 2002, une des fermes récupère le lisier des fermes alentours, le hache, le stock, et le laisse fermenter. Le méthane dégagé est utilisé pour alimenter les turbines à gaz, fournissant électricité au réseau public, et chaleur aux autres fermes grâce à la cogénération. Enfin les résidus sont renvoyés aux fermes qui s’en servent comme d’un excellent fertilisant pour leurs terrains. La boucle est bouclée.

Sinon, on retrouve autour des fermes équipés en photovoltaïque, en chauffage bois (la matière première est locale), et un certain nombre d’éoliennes. Notons la coopération entre les villageois, qui ont investit groupés dans la centrale, les réseaux de chaleur, et les éoliennes.

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Voyage à Fribourg (3/5)

27 mars 2011

Petit tour dans une ville européenne référence sur les questions énergétiques et environnementales.

Si vous vous promenez à Fribourg, vous allez vous vite vous rendre compte d’une chose : les panneaux solaires sont omniprésents, que ce soit du photovoltaïque ou du chauffe-eau solaire. Cette filière est largement développée dans cette partie de l’Allemagne, démocratisant le solaire. Toits, parkings, écoles, église… tout y passe!

Ici le solaire a tellement d’empreinte que certaines classes d’étudiants, spécialisées en énergétique, ont même la chance de travailler dans un bâtiment extérieur à l’école, le Solarturm, d’une structure insolite où chaque élément y est un projet d’étude.

Un autre objet de curiosité : une maison héliotropique, capable de tourner pour se mettre face ou dos au soleil. Cette maison est le défi d’un architecte, Rolf Disch (qui y habite depuis 1994), qui voulait montrer que l’on était capable de créer une maison productrice d’électricité avec les moyens de l’époque. Les panneaux solaires sur le toit, les circuits chauffe-eau autour de la maison et l’isolation ont bien permis de faire de ce bâtiment un bâtiment à énergie positive, produisant 5 fois plus que l’énergie qu’elle consomme.

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Le photovoltaïque français dans la tourmente (2/2)

22 mars 2011

Résultats du dernier moratoire : Pour les installations de moins de 3 kWc, pas de changement. Au dessus, et jusqu’à 100 kWc, les tarifs de rachats seront inférieurs d’au moins 20% aux tarifs de septembre 2010 et ajustables trimestriellement en fonction du volume des projets déposés. Les projets de plus de 100 kWc feront l’objet d’appels d’offre, basés presque exclusivement sur l’optimisation des coûts. Des nouvelles contraintes sur le recyclage en fin de vie et le démantèlement s’ajouteront aux nouveaux dossiers.

Légitimement, le gouvernement veut ainsi réguler et encadrer le coût pour la communauté du développement du secteur photovoltaïque. Mais, quelles sont les réelles conséquences de ce changement de cap? D’abord, du à des délais de mise en fonctionnement très courts, de nombreux projets en attente vont être purement et simplement annulés. Pour le secteur, déjà très affaibli par le moratoire, c’est une catastrophe : c’est près de 25000 emplois menacés à court terme.

L’objectif, annoncé par François Fillon, est de limiter à 500 MW la puissance installée par an en France. Les tarifs seront donc particulièrement volatiles pour les projets, il va être très dur de les financer, à cause de cette instabilité. La filière ne pourra pas se développer correctement dans ces conditions. De plus, 500 MW/an, cela signifie 4500 MW installés d’ici 2020, soit revenir exactement à l’objectif fixé par le Grenelle. Cela signifie que cet objectif passe d’un objectif plancher (= minimum à atteindre) à un plafond (= à ne surtout pas dépasser !!).

“L’avenir, oui, mais pas trop vite.” Ainsi se résume la politique du gouvernement, qui n’ose pas, une fois de plus, prendre des engagements pour que le pays se modernise durablement.


Le photovoltaïque français dans la tourmente (1/2)

14 mars 2011

Avec 850 MWc installés et 4800 MWc en file d’attente : la France est en avance sur ses objectifs de 5400 MWc installé d’ici 2020 ! Mais voilà, cette surprise, imprévue par les économistes, coûte cher. Et c’est exactement ce qui est reprochée par le gouvernement.

Cette augmentation, presque grotesque (selon les professionnel du secteur) est largement critiquée, de nombreux projets ayant été déclarés précipitamment, pour “réserver” des places en files d’attente. On estime que 65% de ces projets n’aboutiront pas (enquête de Soler). Finalement c’est une espèce de bulle spéculative qui semble se former, et c’est ce que le gouvernement essayerait d’endiguer.

Par contre, plusieurs critiques sont ridicules.

  • Augmentation des tarifs de l’électricité : Le développement du photovoltaïque ne justifie absolument pas à lui seul l’augmentation de 3%.
  • Menace de Black-Out total : Soler, sur le modèle allemand, estime que des modifications du réseau seraient nécessaires pour une puissance installée de 85000 MWc, pas avant.
  • Déficit commerciale de la France augmenté par rapport à la Chine : le gouvernement estime que 90% des panneaux proviennent de Chine, or selon les professionnels du secteur, au minimum 20% des panneaux sont français (sachant qu’on importe aussi des panneaux d’Allemagne). De plus, le coût des panneaux n’interviennent qu’à hauteur de 25% dans le coût total : les autres 75% restent donc en France. En attendant d’avoir une industrie développée.
  • “La France n’a pas su créer une filière photovoltaïque” : or celle-ci n’a que 2 ans ! 200 millions d’euros ont été investis en 2010 dans les usines de production. Rome ne s’est pas fait en un jour.

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Le photovoltaïque s’est multiplié en France

5 novembre 2010

La puissance cumulée du parc photovoltaïque français était de 81 MW fin 2008. A ce jour, fin 2010, on a atteint près de 850 MW.  Soit une multiplication de plus de 10 fois en 2 ans. Un net progrès qui met en bonne voie pour atteindre et dépasser les objectifs du Grenelle de l’environnement : 1100 MW fin 2012 et 5400 MW en 2020.


Les piscines propres

21 octobre 2010

Sachons se baigner, été comme hiver.

Nous avons entendu tout l’été parler des piscines naturelles (ou bio) où l’eau est filtrée par les plantes. De gros progrès sont réalisés en la matière, et nombre de collectivités commencent à investir dans ce type de piscines. Ni produits chimiques ni chlore. De vrais petits lacs à la qualité de l’eau presque irréprochable. Une bonne idée qui progresse rapidement par les progrès de la science dans ce domaine et par l’engouement des élus voulant se démarquer des autres piscines.

Malheureusement, pour garder la forme l’hiver, seuls les plus courageux (dingues?) iront se baigner à l’air libre. Retour alors aux piscines couvertes, et parlons de précurseurs pour ces bâtiments très énergivores. A Moulins dans l’Allier, le centre “aqualudique”  l’Ovive a fortement allégé sa facture. Là où une piscine couverte consomme en moyenne 5000 kWh/m² (équivalent de 20 maisons individuelles), l’Ovive a atteint les 2400 kWh/m². Cette baisse a été rendu possible par l’exploitation de l’énergie géothermique. Ouvert depuis 2007, sa pompe à chaleur a un COP chaud/froid de 5.15, et a ouvert cette année sa propre centrale potovoltaïque. Chanceux auvergnats.


Solarwall, avoir de l’air chaud simplement

17 octobre 2010

La technologie SolarWall utilise l’énergie solaire pour chauffer l’air alimentant la ventilation des grands bâtiments.

La simplicité du système rappelle un peu le principe du puit canadien, et bien c’est justement une entreprise canadienne, Conserval Engineering, qui est a développé SolarWall. Le principe : Un revêtement métalique microperforé est intallé en façade sud d’un grand bâtiment, à 30 cm du mur. L’air passe par les microperforations du revêtement, qui lui transmet alors sa chaleur accumulée par rayonnement. Les pertes thermiques du batîment de la façade sud ajoute même un surplus de chaleur au système. L’air réchauffé sera ensuite envoyé dans le système de ventilation.

Le principe est simple, déclinable en plusieurs versions, et joue toujours un rôle en été puisqu’il devient une couche d’isolation supplémentaire, en empêchant la rayonnement d’atteindre le mur exposé sud du bâtiment. L’air chaud produit en été sera simplement rejeté à l’extérieur cette fois. Cela fait 30 ans que cette technique a fait ses preuves Outre-Atlantique, mais de grands projets voient le jour en Europe. Le magasin Auchan Miskolc en Hongrie évalue à présent son retour sur investissement sur 4 à 5 ans plutôt que sur les 6 ou 7 prévus initialement. 

Conseval Engineering étudie à présent très sérieusement l’idée de combiner cette technologie au photovoltaïque. La chaleur dégagée par les cellules serait évacuée par ce système, ce qui permettrait en plus d’améliorer le bilan photovoltaïque, qui diminue avec l’augmentation de température.


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