Le Japon sans nucléaire

1 avril 2012

Depuis le lundi 26 mars 2011, il ne reste au Japon plus qu’un seul réacteur nucléaire en fonctionnement.

Le dernier réacteur encore en activité est sur l’île d’Hokkaïdo (nord), l’énergéticien Tepco n’a quand à lui plus aucune centrale sous son contrôle encore en activité. Cela est dû à un immense chantier de maintenance et de test, voire de rénovation lancé à l’échelle national. Et d’ici un mois environ, le dernier réacteur s’arrêtera de nouveau.

Les japonais réalisent à présent ce qu’il en coûte de se passer du nucléaire, le pays produit 30% d’électricité en moins. Mais dans un grand effort, les japonais ont réussi dans le même temps à réduire leur consommation de 18%. Néon commerciaux éteints, climatiseurs à l’arrêt, et tant d’autres actions d’économies individuelles ou collectives permettent ce résultat. De gros efforts et beaucoup moins de superflu, mais qui n’empêchera toutefois pas le prix de l’électricité de grimper.

Un retour au nucléaire va s’avérer plus compliqué. Même une fois les centrales sécurisées, les négociations s’avéreront âpres pour les ré-ouvrir : 80% des japonais souhaiteraient que leur pays sortent bientôt du nucléaire. Le gouvernement prend les devants et a lancé des pistes de réformes pour encourager la conversion aux renouvelables (dont à la géothermie, étrangement sous-exploitée dans un pays qui a pourtant un fort potentiel).

L’électro-choc de Fukushima a fait prendre conscience du problème énergétique au Japon, et à présent les japonais sont prêt à faire d’immenses efforts pour se passer du nucléaire. En revanche, pour compenser la perte restante, les japonais importent beaucoup de pétrole et de gaz supplémentaires, gonflant ainsi les rejets de CO2.

Est-ce l’exemple à suivre en France ? Il faudrait s’y mettre d’une manière beaucoup plus agressive : rappelons-le, c’est environ 80% de notre électricité qui est d’origine nucléaire. Pour se passer du nucléaire totalement, il faudrait au moins fournir le double des efforts que s’impose le Japon en terme d’économie d’énergie. En effet, les japonais arrivent à économiser une puissance de 30GW alors que nous possédons une puissance nucléaire de 63GW.

Faisable, oui, mais avec du temps et des efforts.


L’UE va voter des accords contraignants, pour atteindre les objectifs d’économies d’énergie

7 mars 2012

Mardi 28 Février, la Commission Énergie du Parlement européen a voté en faveur d’objectifs contraignants  en ce qui concerne les objectifs de la directive européenne sur l’efficacité énergétique. En d’autres termes, les pays membres de l’Union-Européenne pourraient être sanctionnés s’ils ne respectaient pas les objectifs fixés par la Commission européenne.

Si actuellement les objectifs sont non-contraignants, la décision devrait être votée prochainement par le Conseil européen. Le cas échéant, en Juin 2013, les Etats seront contrôlés sur les avancées réalisées par rapport aux objectifs d’économies d’énergie.

Le but de cette directive est simple : faire des économies d’énergie dans les bâtiments publics, résidentiels, tertiaires et industriels. Actuellement, la consommation énergétique des bâtiments représentent environ 40 % de la consommation d’énergie de l’Union-Européenne. Ainsi, d’ici 2020, les Etats membres de l’Union-Européenne devront faire 20 % d’économies d’énergie et rénover 2,5 % des bâtiments occupés ou détenus par le public.

La France a déjà mis en place plusieurs dispositifs pour faire des économies d’énergie :

- Le dispositif des certificats d’économies d’énergie pour les « obligés » ;

- Des réglementations contraignantes comme la Règlementation thermique 2012 (RT 2012) ;

- Les aides au financement de travaux à économies d’énergie. Par exemple, le crédit d’impôt développement durable encourage les ménages à investir dans les énergies renouvelables et faire des travaux d’économies d’énergie.

La directive européenne sur l’efficacité énergétique vise aussi à réduire les émissions de CO2, notamment par le biais d’un système européen d’échange de quotas. Les émissions de CO2 devraient être réduites de 20 % d’ici 2020 dans l‘Union-Européenne.

(Source : voseconomiesdenergies.fr)


Enlève ta cravate !

17 février 2012

Le gouvernement du Chili incite les travailleurs à retirer leur cravate pour économiser de l’énergie.

La campagne d’information prête à sourire, mais elle est prise très au sérieux par les autorités chiliennes. Si les salariés voulaient bien retirer leurs cravate au travail, les bureaux auraient moins besoin de climatisation, ce qui générerait une économie d’électricité. Question sensible, car le Chili a souffert de deux black-out concernant la moitié de la population ces deux dernières années. Et la consommation ne cesse d’augmenter.

Le fait est que ce petit accessoire peut être assez désagréable pendant les journées chaudes, mais ce petit geste aurait-il un réel impact sur la consommation d’énergie ? Le gouvernement y croit, puisqu’ils estiment que l’économie engendrée pourrait atteindre 10 millions de dollars ! Des spots publicitaires gouvernementaux ont même été diffusés.

A quand le short au bureau ?


Le gouvernement présente son programme d’action pour l’efficacité énergétique

21 décembre 2011

Vingt-sept propositions. Voilà ce qu’il ressort des études présentées par la Ministre de l’écologie et du développement durable, Nathalie Kosciusko-Morizet.

L’efficacité énergétique est un des trois pillers du développement énergétique moderne, avec le développement des énergies alternatives et la réduction des gaz à effet de serre. L’objectif est de diminuer d’ici 2020 la consommation électrique du pays d’au moins 20%. Ces propositions portent sur 4 tableaux :

  • Améliorer la compétitivité des entreprises
  • Réduire les consommations des ménages
  • Renforcer le rôle des pouvoirs publics
  • S’appuyer sur les technologies numériques

Dans l’ensemble, les propositions portent essentiellement sur des mesures d’incitations et d’aides financières pour les entreprises et collectivités investissant dans l’efficacité énergétique, un accès facilité aux aides pour les travaux de rénovation chez les particuliers, et une amélioration des moyens de sensibilisation citoyens. L’aide sociale pour les plus précaires n’est pas oubliée, le rôle de l’ADEME est renforcé, et le niveau de formation des professionnels de l’énergie revu à la hausse.

Certains outils de législation devraient apparaître également, avec par exemple l’interdiction des éclairages d’enseignes entre 1h et 6h du matin (suivant l’activité économique) et l’interdiction de l’éclairage extérieur et intérieur des bâtiments du tertiaire non-occupés la nuit. Ces mesures à elles seule devrait permettre d’économiser 2,7 TWh d’énergie par an, soit la consommation d’électricité (hors-chauffage) d’un million de ménages.

Voir l’ensemble du communiqué.


Espace Eco-citoyens

17 septembre 2011

L’ADEME a mis en place un site d’information et de conseils pour agir de manière plus écologique dans son quotidien. Economies d’énergie et donc financières garanties.

A découvrir ici.


Quelle lampe choisir ? (3) : Bilan

5 juin 2011

La fin des ampoules à incandescence est en cours, il va falloir se tourner vers d’autres sources d’éclairage.

Alors, par quoi remplacer nos bientôt défuntes lampes à incandescence ? Fluocompactes? Halogènes? LED? Voici un petit tableau récapitulatif de leurs différentes caractéristiques.

Chacune de ces technologies est encore et toujours en cours d’optimisation, mais les premières versions sont déjà tout à fait capables de prendre le relais de nos ampoules à incandescence.

Rappelons l’objectif de cette révolution forcée : diminuer la consommation énergétique européenne. L’éclairage représenterait environ 10% de la consommation d’énergie totale. On estime que cette mesure pourrait permettre une économie d’énergie équivalente à la consommation de la Belgique.

Retour aux articles précédents : les Fluocompactes, les halogènes et les LED


Quelle lampe choisir ? (2) : les halogènes et les LED

27 mai 2011

La fin des ampoules à incandescence est en cours, il va falloir se tourner vers d’autres sources d’éclairage.

Lampes halogènes

Principe : Il s’agit d’une lampe à incandescence améliorée, le filament échauffe un gaz halogène (tel le brome ou l’iode) qui produit de la lumière. C’est en de nombreux points l’ampoule la plus proche de incandescence.

Consommation : 14 lumen/W

Prix : 4-5€

Durée de vie : 2 ans

Allumage : instantané

Utilisation recommandée : La lumière étant très naturelle, elle est très adaptée en cuisines et pour les salles de bain (pour que les légumes/fruits/viandes et le visage n’aient pas une couleur blafarde). De plus, puisque l’ampoule résiste bien aux allumages répétitifs, c’est la lampe la plus adaptée aux couloirs et zones de passage.

A savoir : La lampe halogène est la moins intéressante en terme d’économie d’énergie, elle est plus un choix par défaut là où les fluocompactes et les LED ne sont pas très adaptées. Il n’y a pas de filière de retraitement en fin de vie, des études ont montré qu’une filière de recyclage serait bien trop polluante : à jeter dans les ordures ménagères.

Lampes LED

Principe : La diode électro-luminescente (LED) est un matériau semi-conducteur qui émet de la lumière bleue quand il est traversé par un courant, un composé chimique à sa surface convertie cette lumière de la couleur souhaitée (blanche notamment).

Consommation : 50-80 lumen/W

Prix : 10-40€

Durée de vie : 10-25 ans

Allumage : instantané

Utilisation recommandée : De prix élevé et de qualité variable, la LED ne sert encore à l’heure actuelle que dans certaines niches, pour les particuliers. Elle est recommandée pour la lecture (n’éblouit pas), en extérieur (car non sensible au froid), pour les décorations et les veilleuses (allumage prolongé), et pour tout ce qui est lampe de poche.

A savoir : C’est la lampe la plus économe en énergie, et de grande durée de vie. Elle attend sa démocratisation. En attendant qu’un recyclage spécifique soit créé pour recycler le germanium, les lampes usagées seront à jeter dans les verres et métaux.


Quelle lampe choisir ? (1) : les lampes fluocompactes

23 mai 2011

La fin des ampoules à incandescence est en cours, il va falloir se tourner vers d’autres sources d’éclairage.

La prochaine étape dans le retrait des ampoules à incandescence est la fin de la vente des ampoules de plus de 40W le 31 août prochain. L’arrêt total est prévu pour le 31 décembre 2012 pour toutes les autres catégories.

Trois technologies existent en remplacement : les lampes fluocompactes, les lampes halogènes, et les LED. Quelles sont les caractéristiques de chacune de ces technologies? Tâchons d’y répondre.

Pour comparer les lampes, oublions le Watt (qui ne correspondait qu’aux lampes à incandescence), et parlons Lumen (flux lumineux) car chaque technologie ne consomme pas la même quantité d’énergie pour une dose de lumière définie. A savoir aussi : une année de fonctionnement correspond pour les professionnels à 1000h d’utilisation, et les couleurs des lumières sont variables suivant la technologie et la température de chauffe.

Lampe Fluocompacte

Principe : Excités par un courant électrique, des atomes de mercure émettent des UV, qui seront ensuite convertis en lumière visible en traversant la paroi tapie de poudre fluorescente.

Consommation : 45-70 lumen/W
Prix : 7-8€
Durée de vie : 5-10 ans
Allumage : de 0,5 secondes à 2 min

Utilisation recommandée : Les salons et les chambres, avec une ambiance chaleureuse (c’est-à-dire avec une lampe 3000K), ou dans les plafonniers de bureau, garages ou ateliers en lumière froide (5000K).

A savoir : Le mercure est toxique, en cas de casse, aérez la pièce et quittez-la pendant 15 min. Épongez ensuite avec du papier absorbant. N’oubliez pas de recycler ! (les revendeurs doivent proposer la récupération des lampes usagées)


Le photovoltaïque français dans la tourmente (2/2)

22 mars 2011

Résultats du dernier moratoire : Pour les installations de moins de 3 kWc, pas de changement. Au dessus, et jusqu’à 100 kWc, les tarifs de rachats seront inférieurs d’au moins 20% aux tarifs de septembre 2010 et ajustables trimestriellement en fonction du volume des projets déposés. Les projets de plus de 100 kWc feront l’objet d’appels d’offre, basés presque exclusivement sur l’optimisation des coûts. Des nouvelles contraintes sur le recyclage en fin de vie et le démantèlement s’ajouteront aux nouveaux dossiers.

Légitimement, le gouvernement veut ainsi réguler et encadrer le coût pour la communauté du développement du secteur photovoltaïque. Mais, quelles sont les réelles conséquences de ce changement de cap? D’abord, du à des délais de mise en fonctionnement très courts, de nombreux projets en attente vont être purement et simplement annulés. Pour le secteur, déjà très affaibli par le moratoire, c’est une catastrophe : c’est près de 25000 emplois menacés à court terme.

L’objectif, annoncé par François Fillon, est de limiter à 500 MW la puissance installée par an en France. Les tarifs seront donc particulièrement volatiles pour les projets, il va être très dur de les financer, à cause de cette instabilité. La filière ne pourra pas se développer correctement dans ces conditions. De plus, 500 MW/an, cela signifie 4500 MW installés d’ici 2020, soit revenir exactement à l’objectif fixé par le Grenelle. Cela signifie que cet objectif passe d’un objectif plancher (= minimum à atteindre) à un plafond (= à ne surtout pas dépasser !!).

“L’avenir, oui, mais pas trop vite.” Ainsi se résume la politique du gouvernement, qui n’ose pas, une fois de plus, prendre des engagements pour que le pays se modernise durablement.


Le photovoltaïque français dans la tourmente (1/2)

14 mars 2011

Avec 850 MWc installés et 4800 MWc en file d’attente : la France est en avance sur ses objectifs de 5400 MWc installé d’ici 2020 ! Mais voilà, cette surprise, imprévue par les économistes, coûte cher. Et c’est exactement ce qui est reprochée par le gouvernement.

Cette augmentation, presque grotesque (selon les professionnel du secteur) est largement critiquée, de nombreux projets ayant été déclarés précipitamment, pour “réserver” des places en files d’attente. On estime que 65% de ces projets n’aboutiront pas (enquête de Soler). Finalement c’est une espèce de bulle spéculative qui semble se former, et c’est ce que le gouvernement essayerait d’endiguer.

Par contre, plusieurs critiques sont ridicules.

  • Augmentation des tarifs de l’électricité : Le développement du photovoltaïque ne justifie absolument pas à lui seul l’augmentation de 3%.
  • Menace de Black-Out total : Soler, sur le modèle allemand, estime que des modifications du réseau seraient nécessaires pour une puissance installée de 85000 MWc, pas avant.
  • Déficit commerciale de la France augmenté par rapport à la Chine : le gouvernement estime que 90% des panneaux proviennent de Chine, or selon les professionnels du secteur, au minimum 20% des panneaux sont français (sachant qu’on importe aussi des panneaux d’Allemagne). De plus, le coût des panneaux n’interviennent qu’à hauteur de 25% dans le coût total : les autres 75% restent donc en France. En attendant d’avoir une industrie développée.
  • “La France n’a pas su créer une filière photovoltaïque” : or celle-ci n’a que 2 ans ! 200 millions d’euros ont été investis en 2010 dans les usines de production. Rome ne s’est pas fait en un jour.

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